16 / 03 / 2018

Restitution du Club RSLN #1

share

« Comment former les générations futures tout au long de leur vie ? » C'est la question à laquelle ont répondu les membres du club RSLN (experts et lecteurs), durant notre première édition le 13 mars, au Liberté Living Lab.

Pascale Haag, directrice du LabSchool Paris et Gaëlle Rousseau, chargée de Mission Numérique au Ministère de l’Economie et des Finances ont d’abord échangé avec Thierry Keller, directeur des rédactions d’Usbek & Rica. Des recommandations et points d’alerte identifiés pendant l’atelier ont été ensuite inscrits sur la feuille d’inspiration ci-dessous. A l’issue de la séance, le document a été remis à Gaëlle Rousseau pour l’inspirer dans son travail.

Retour en vidéo sur cette première édition.

Pascale Haag, directrice du LabSchool Paris et Gaëlle Rousseau, chargée de Mission Numérique au Ministère de l’Economie et des Finances ont d’abord échangé avec Thierry Keller, directeur des rédactions d’Usbek & Rica. Des recommandations et points d’alerte identifiés pendant l’atelier ont été ensuite inscrits sur la feuille d’inspiration ci-dessous. À l’issue de la séance, le document a été remis à Gaëlle Rousseau pour l’inspirer dans son travail. Pour les participants, le numérique offre d’abord l’opportunité de déployer une expérience pédagogique affranchie des contraintes spatiales et temporelles, s’adressant ainsi à un large public, sans discriminations d’aucune sorte.

On assiste en effet depuis quelques années, à l’essor des cours en ligne. Tiré par des pionniers comme Coursera et Udacity, le phénomène des classes virtuelles permet aujourd’hui à des étudiants du monde entier de suivre les cours des meilleurs spécialistes de la discipline de leur choix. Ces plateformes en ligne offrent également aux étudiants du monde entier la possibilité d’échanger entre eux et avec leurs professeurs, de manière pratique et directe. Elles sont enfin un excellent moyen d’acquérir rapidement des connaissances digitales, comme la maîtrise d’un nouveau langage de programmation. Une excellente opportunité pour la sphère éducative.

« Les participants ont également souligné la nécessité, pour les entreprises de fournir à leurs employés un temps dédié à la veille et à la formation autour des nouvelles technologies. »

Toutefois, dans un monde amené à se réinventer en permanence sous l’influence de la technologie, où les compétences-clés de demain seront sans doute radicalement différentes de celles d’aujourd’hui, il est également impératif de ne pas cantonner l’apprentissage aux vertes années, et de s’instruire au contraire toute sa vie durant. C’est pourquoi les participants ont également souligné la nécessité, pour les entreprises de fournir à leurs employés un temps dédié à la veille et à la formation autour des nouvelles technologies. Une voie empruntée par plusieurs sociétés innovantes, qui proposent cours en ligne, bootcamps et ateliers à ses employés pour leur permettre de se familiariser avec les dernières innovations technologiques, le tout sur leur temps de travail (à l’instar de Verizon). Les participants ont également suggéré d’employer les ressources internes de l’entreprise au service de la formation, en chargeant par exemple les employés les plus compétents dans un domaine de transmettre leurs savoirs à leurs confrères. C’est le cas chez VMWare, entreprise de logiciel californienne, où les ingénieurs en chef dispensent régulièrement des formations aux autres employés.

Enfin, pour les participants, les nouvelles technologies offrent également à la sphère éducative l’occasion de repenser l’apprentissage sur un mode plus ludique et créatif, d’apprendre aux élèves à acquérir sans cesse de nouvelles compétences, capacité qui sera un atout majeur sur un marché du travail en perpétuelle évolution. Sortir, en somme, du référentiel « apprendre un métier » au profit d’un référentiel de compétences, de gamme de talents. On songe ici au mouvement Makerspaces, en plein boom outre-Atlantique, qui consiste à mettre en place, dans l’environnement scolaire, des espaces où étudiants et professeurs puissent réaliser des projets concrets, notamment autour de l’innovation digitale, ce qui inclut l’impression 3D, la robotique ou le code.

Si l’innovation numérique représente une formidable opportunité pour l’éducation, elle ne va toutefois pas sans risques, et ceux-ci ont également été soulignés par les participants. Selon eux, un premier écueil consisterait à prendre le numérique comme seul référent, laissant ainsi de côté la dimension humaniste de l’école, qui vise à fournir à chaque élève un socle de savoirs communs. Or, le fait de disposer d’une bonne culture générale, d’une certaine polyvalence intellectuelle, sera justement un atout majeur dans un monde en évolution perpétuelle. Apprendre les rudiments du code aux élèves est donc une bonne idée, mais la formation numérique ne doit pas occulter la maîtrise des savoirs traditionnels.

« Si l’école doit préparer à un marché du travail compétitif et exigeant, elle ne doit pas pour autant délaisser sa mission civique. »

Le second risque consisterait à transformer l’école en un lieu où règne le culte de la performance et de l’hyperconnaissance, en faisant ainsi une institution élitiste susceptible de creuser le fossé économique et social. Si l’école doit préparer à un marché du travail compétitif et exigeant, elle ne doit pas pour autant délaisser sa mission civique. Le savoir ne doit pas devenir source d’aliénation, l’humain doit demeurer au centre du projet éducatif.

Feuille d'inspiration Club RSLN #1