L’IA peut-elle sauver la planète ?

Durant la troisième édition du Club, nos invités ont travaillé autour de la problématique de l'IA et son rapport à l'environnement. Découvrez ci-dessous le manifeste que nous en avons tiré, et que nous adressons à notre invitée d’honneur Paula Forteza.
#1

A quoi ressemblerait
un pledge pour une IA for earth ?

Dans le monde de l’entreprise, les grands groupes s’organisent en « coalitions » pour penser une économie plus vertueuse. Dans la finance, la BNP Paribas s’est associée à Axa et Natixis, coalition qui s’est engagée à cesser tout financement du tabac. Dans l’agroalimentaire, l’International Food Waste Coalition réunit Ardo, McCain, PepsiCo, SCA, Sodexo, Unilever Food Solutions et le WWF dans une lutte contre le gaspillage alimentaire dans le secteur des services de restauration. Les géants du web ont formé récemment un «Partnership on AI » pour étudier et formuler les bonnes pratiques en matière de technologies IA. Et si on appliquait cette logique à la thématique de ce club, que donnerait une déclaration pour une IA pour la planète ?

Garantir la réduction des impacts environnementaux sans transferts de pollution

On peut avoir l’impression qu’une IA va réduire de fait les coûts environnementaux. Cependant, entre la puissance de calculs, le stockage des données, le coût de production des capteurs, l’impact pourrait se révéler plus important que ce qu’on souhaitait réduire. La création d’une IA ne doit pas impliquer un transfert de pollution. Le bilan d’impact doit être négatif.

L’IA ne doit pas reproduire ou accentuer des discriminations contraires aux droits de l’homme

Les biais existants dans les algorithmes et les IA relèvent de la reproduction de biais déjà existants chez les humains. Les décisions sont orientées selon leur passé, leur culture, leur environnement. L’IA doit respecter les règles dictées par un humain, ou basées sur des données de l’humain. En s'entraînant elle-même, elle peut reproduire cet impact négatif et ces discriminations.

L'IA doit-être accesssible à tous comme l'eau et l'électricité
L’IA doit servir l’intérêt général et être accessible à tous.

Il faut assurer l’accessibilité à l’IA pour tous, comme l’accès à l’eau, au logement, etc.

La gouvernance de la donnée doit garantir sa transparence

Aujourd’hui , tout le monde n’a pas la même capacité pour développer des IA et des algorithmes. Les plus grands détenteurs de données sont les grandes entreprises. Pour permettre à tous de développer des algorithmes, nous préconisons de penser la data comme un bien commun. Tout comme on ne peut pas privatiser de l’eau ou de l’air, une part de la donnée deviendrait « bien commun ».

Nous préconisons de penser la data comme un bien commun
Toute IA doit se déclarer comme telle

Quand un homme s’adresse à une IA, il doit être en mesure de pouvoir l’identifier en tant que telle.

Assurer la consultation des citoyens dans le développement de l’IA

Si l’IA est développée uniquement par des structures privées, ce sont ces structures qui deviennent décideuses. Si l’IA a autant d’importance dans les prises de décision - dans le cas de la voiture autonome, par exemple - il faut trouver un moyen de consulter et d’impliquer le citoyen dans les paramètres de décisions.

#2

Bâtir la campagne politique 2050 du mouvement techno-ecolo ?

2050 : le monde a échoué à limiter le réchauffement climatique. L’urgence climatique devient (enfin) Priorité nationale. La transition numérique est tout à fait achevée, mais les métaux utiles à leur bon fonctionnement se font rares. Un mouvement techno-écolo se fait jour. Quel serait son programme ?

Aujourd’hui, tous les partis politiques en joute en France utilisent l’intelligence artificielle

Il n’existe rien d’innovant dans l’idée d’utiliser l’IA pour pacifier et rendre prospère la France. Nous nous engageons à trouver une manière de l’optimiser pour gagner l’intérêt public et les élections. Rappelons rapidement que l’IA, c’est surtout des capacités extraordinaires de mémorisation, de mesure, de répétition et de précision. En somme, ce que l’humain n’aime pas faire. Dans ces conditions, nous avons décidé de faire de notre gouvernement une IA. Le gouvernement est l’IA, Aristot.e.

L’IA permet de sonder les citoyens et offre une démocratie directe.

« L’IA incite et éduque » Qu’est-ce que cela signifie ? Il s’agit de valoriser justement la technologie de l’IA, et montrer ce qu’elle peut apporter à nos problèmes. L’IA peut servir à guider les citoyens. Le monde est fracturé. L’État met donc en place une synthèse d’opinions grâce à l’IA, pour faire de la démocratie directe. Notre raison d’être : convaincre les citoyens de suivre ces prescriptions. Aristot.e propose une plateforme participative, managée par une IA. Et là-dessus nous avons des propositions très claires, oui, parce que « L’IA réussira là où l’Homme échoua ».

L’IA régule l’espace pour un retour au local (production alimentaire, énergie, travail...)

La première proposition est que nous confions la répartition humaine sur le territoire à l’IA. Nous sommes trop nombreux en ville. Ce qui pose des problèmes de ressources énergétiques, en gestion des déchets, mais aussi de conflits sociaux. Cette IA permettra de dire qui va habiter où. Grâce à cette IA, nous trouverons le bon endroit pour vous, l’endroit où vous aurez une vie sociale ouverte, une vie sociale riche, un travail qui aidera à la fois votre communauté et vous permettra de vous sentir mieux, autour des autres.

L’IA propose aux citoyens de connaître leur impact écologique

En effet, l’IA permettra de générer des simulations de l’effet papillon que provoque vos derniers comportements. Et inversement, on pourra simuler avant que vous vous déplaciez les conséquences positives qu’aura votre nouvelle implantation, votre nouveau mode de vie, sur le climat et la vie en général. Le gouvernement étant une IA, il définit de manière impartiale des recommandations.

Le gouvernement étant une IA, il définit de manière impartiale des recommandations
Un consortium d’individus seront élus tous les deux ans par le peuple pour agir en tant que garde-fous de l’IA

Pour finir, si l’humain alimente la machine, la machine alimente l’humain. La machine Aristot.e. Elle s’occupera des déchets, de l’énergie, de l’alimentation, de la sécurité, car les guerres civiles sont nombreuses, la répartition des ressources naturelles et humaines. C’est une RH supérieure. Les gardes fous de cette IA, même si l’IA est notre garde fou, seront incarnés par un consortium d’êtres humains élus par vous. Ce seront des chercheurs, des développeurs, des product owners, des doctorants, et tout « fou furieux » qui souhaite apporter un regard humaniste sur une machine, au cas où.

Les biais existants dans les algorithmes et les IA relèvent de la reproduction de biais déjà existants chez les humains.
#3

Smart city et ia : quel cadre ?

« Smart city » : le terme déplaît. Carlo Ratti, architecte de formation et directeur du MIT Senseable City Lab, milite, lui, pour une « liveable » city, une ville « vivable » et interactive. Dans la ville de Bristol, la smart city devient la « playable city ». Une ville « jouable », interactive à nouveau. Imaginons que la fondation de cette « liveable city » repose sur son caractère durable. Le Maire sera-t-il demain grâce à la smart city « CEO » de sa ville avec l’IA comme adjoint ? Quel cadre alors, pour une IA au service de la ville durable ? Nos invités ont identifié les grands principes d’une déclaration fondatrice de la smart city de demain.

Liberté

L’IA permet de rendre la ville intelligente, tout en garantissant la liberté du citoyen. Tout en prenant en compte les contraintes liées à l’urgence climatique, nous souhaitons la liberté des citoyens.

Inclusion

Une smart city doit être par nature inclusive, pour tous les citoyens. Pour ce faire, nous pensons aux villes de tous niveaux, de toutes tailles, et parlerons dorénavant de « smart territory », car ne parler que de ville serait réducteur.

[Nous] parlerons dorénavant de « smart territory », car ne parler que de ville serait réducteur.
Gouvernance à deux niveaux

La ville de demain remet le citoyen au coeur du processus participatif. Est-ce que l’IA peut nous aider à cela ? Nous pensons que oui, grâce à une gouvernance à deux niveaux, au niveau du territoire et du citoyen.

Santé

Nos enfants devront être en bonne santé. Être en bonne santé permet de se mouvoir de manière plus intelligente, de se chauffer de manière plus intelligente, d’acheter un bien de manière plus écologique, etc.

Économie

Utiliser l’IA permet des économies d’ordre environnemental, mais permettrait aussi la création de richesse, grâce à de nouveaux modèles d’affaires qui vont émerger et qui sont prometteurs. Si la transition est écologique, la transformation, elle, sera bien économique et liée à l’environnement.

Penser les « smart territories » implique un effort constant de réflexivité, et d’objectivation de la question.
Empowerment

Comment l’IA peut-elle être utile aux citoyens et permettre aux « smart territories » d’émerger et de voir le jour ?