29 / 08 / 2017
#Ecoresponsabilité

Comment réduire son empreinte carbone sur l’internet

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Plus discret que les voitures ou les usines, l’internet contribue pourtant lui aussi aux émissions de gaz à effets de serre. Quelques bonnes pratiques individuelles permettent toutefois de réduire considérablement l’impact environnemental du numérique.

Souvent négligée, l’empreinte carbone de l’internet est pourtant considérable : la toile génère aujourd’hui 2% des émissions de CO2 mondiales, soit davantage que les vols d’avions civils. Le développement de l’internet des objets et la réduction de la fracture numérique, qui permettent à un plus grand nombre d’êtres humains d’avoir accès à la toile, vont encore alourdir la facture. Heureusement, chacun peut dès aujourd’hui prendre des mesures pour réduire ce coût environnemental. Avec un impact certain : ainsi, le comportement des utilisateurs compte pour 47% des émissions imputables à l’internet. Voici quelques astuces pour devenir un internaute écoresponsable.

Effectuer des recherches intelligentes

Chaque recherche tapée en ligne relâche 0,2 gramme de CO2 dans l’atmosphère. À raison de 100 milliards de recherches effectuées tous les mois, cela représente 2,4 milliards de grammes de CO2 par an. L’une des premières bonnes pratiques à adopter consiste donc à limiter l’usage des moteurs de recherche. Il ne s’agit pas de s’en priver complètement, bien sûr, mais plutôt d’adopter quelques bons réflexes. Ainsi, lorsque l’on connaît l’adresse du site que l’on souhaite consulter, il vaut mieux rentrer directement l’URL plutôt que de taper des mots clefs pour le retrouver sur les moteurs de recherche. Pour les sites que l’on visite régulièrement, le plus simple est de les ajouter dans la barre des favoris, solution à la fois pratique et écologique.

Utiliser un moteur de recherche écoresponsable

Ecosia

Comme les moteurs de recherche demeurent indispensables, autant en choisir un qui se soucie de l’environnement. Pour effectuer une requête sur la toile, le réflexe est d’employer Google, le moteur de recherche le plus utilisé dans le monde. Bien que l’entreprise de la Silicon Valley travaille activement à réduire ses émissions de CO2, il existe des alternatives plus écologiques, comme Ecosia. Installée à Berlin, cette entreprise propose un moteur de recherche résolument orienté vers la protection de l’environnement. Ainsi, Ecosia emploie 80% de ses revenus (générés par la publicité en ligne) pour planter des arbres dans le monde entier. Elle affirme avoir pour l’heure contribué à planter plus de onze millions d’arbres, grâce à ses cinq millions et demi d’utilisateurs actifs. Son objectif est de parvenir à un milliard d’ici 2020. Autre option : Lilo, moteur de recherche qui finance des projets sociaux.

Employer les bonnes extensions

Goodblock

Il est également possible d’ajouter à son moteur de recherche des extensions œuvrant pour le bien commun. Ainsi, de nombreux internautes emploient un bloqueur de publicités, le plus célèbre étant sans doute Adblock. Or, il existe une alternative, sobrement baptisée Goodblock, qui permet de financer des causes environnementales et humanitaires. Goodblock masque ainsi les publicités les plus pénibles (pop-ups ou vidéos qui se lancent automatiquement), protège les données de l’utilisateur et lui propose en retour une publicité de qualité, non intrusive, par jour. Cette publicité permet de rassembler des fonds qui sont ensuite reversés à des associations. Autre extension utile : Tab for a cause permet à l’utilisateur de lever de l’argent pour une organisation caritative chaque fois qu’il ouvre un nouvel onglet.

Limiter l’usage du cloud

Stocker ses données en ligne, en mettant les serveurs à contribution, consomme une grande quantité d’énergie. Un seul centre de données peut consommer suffisamment d’énergie pour alimenter 65 000 foyers américains, et l’on en compte des dizaines de milliers à travers le monde, tournant la plupart du temps 24h/24. Selon le site GreenIT.fr, transférer une donnée sur l’internet consomme ainsi deux fois plus d’énergie que de la stocker pendant un an. Il faut donc privilégier au maximum le stockage et l’usage local de ses données, photos, vidéos, musiques et films. Faites donc le tri parmi vos données et investissez dans un disque dur externe plutôt que dans un abonnement à Dropbox, la planète vous en sera reconnaissante. Et si vous tenez à recourir au cloud, optez pour un fournisseur fonctionnant à l’énergie verte.

Utiliser sa boîte mail avec parcimonie

Plus de dix milliards d’emails sont envoyés toutes les heures dans le monde. Or, ceux-ci ne sont pas neutres pour l’environnement : un spam émet en moyenne 0,3 gramme de CO2, chiffre qui passe à environ quatre grammes pour un email classique, et jusqu’à 50 grammes pour un email avec une pièce jointe. Ainsi, la facture écologique devient rapidement salée. Les dix milliards de mails émis toutes les heures correspondent, en matière d’émissions de CO2, à 4 000 allers/retours Paris/New York en avion ! Pour limiter son empreinte carbone, il est donc impératif de rationaliser l’usage de sa boîte mail. Première mesure à prendre : utiliser la fonction “répondre à tous” avec parcimonie, tout comme la mise en copie. Limiter l’envoi de pièces jointes, et penser à bien les compresser, est également salutaire. Un problème à discuter avec un collègue ? Plutôt que d’entamer un échange par mail interminable, allez lui parler en face à face, ou optez pour le téléphone. Il est également important de résilier son abonnement aux lettres d’information qu’on ne consulte plus (un outil comme Cleanfox facilite la chose), de faire régulièrement le tri dans sa boîte mail, pour ne conserver que ce qui vaut la peine de l’être, et de supprimer les spams aussitôt après leur réception. Les plus zélés opteront pour une boîte mail écoresponsable, comme Newmanity, qui alimente ses serveurs à l’énergie renouvelable et n’utilise pas les données de ses utilisateurs à des fins commerciales, pratique elle aussi très gourmande en énergie.

Éviter le « binge watching » de séries

Breaking Bad

Les études divergent sur l’impact environnemental du streaming : certaines l’estiment plus écologique que l’industrie du DVD, d’autres, au contraire, le qualifient de plus nocif. Quoi qu’il en soit, regarder les cinq saisons de Breaking Bad en un week-end a un coût environnemental indéniable. Proposer des contenus vidéo en streaming implique en effet, pour l’entreprise, de stocker d’importantes quantités de données sur des serveurs pour les transmettre ensuite à l’utilisateur, ce qui consomme d’importantes quantités d’électricité. Les nouveaux formats haute définition impliquent en outre des dépenses d’énergie encore plus grandes. Et le « binge watching », pratique qui consiste à regarder de nombreux épisodes d’une même série d’affilée, n’arrange pas les choses. Dans un rapport paru en début d’année, Greenpeace a ainsi attribué une note médiocre à Netflix dans son classement des entreprises digitales en fonction de leurs performances écologiques. Bien sûr, il ne s’agit pas de faire une croix définitive sur le streaming, mais de faire preuve de modération durant le visionnage de sa série préférée.

Bien utiliser ses appareils

Les appareils que l’on utilise pour se connecter à l’internet comptent aussi pour la facture écologique. Ainsi, là encore, il est bon d’adopter quelques réflexes de base. Il est, bien sûr, important de débrancher ses appareils une fois qu’ils sont entièrement chargés, à la fois pour économiser de l’énergie et accroître la durée de vie de la batterie. En outre, un ordinateur, même mis en veille, continue de consommer de l’énergie : il est donc préférable de l’éteindre quand on ne l’utilise pas. Lorsque l’on ne se sert pas de sa connexion internet (typiquement : la nuit), il peut également être intéressant de débrancher son modem pour économiser encore un petit peu plus d’énergie. Enfin, si possible, utilisez un ordinateur portable plutôt qu’un poste fixe, plus gourmand en énergie. Pour les petites activités ne nécessitant pas l’usage d’un ordinateur, il peut être judicieux de passer sur son téléphone ou sa tablette, plus économes.