25 / 04 / 2017
#The Guardian

À l’ère des robots-livreurs, que va devenir l’espace urbain ?

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Sommes-nous prêts à partager nos trottoirs avec les robots de livraison autonomes, appelés à investir toujours plus nos espaces urbains ? Plongée, avec The Guardian, dans une ville de demain riche de cohabitations aussi nouvelles qu’imprévues.

Dans le New York des années 3000, la société de livraison Planet Express emploie jeunes hommes du deuxième millénaire entretemps congelés, femmes cyclopes mais aussi, bien sûr, robots. Ces livreurs, comme n’importe quel autre citadin, empruntent voitures volantes et tubes de transport, dans un joyeux chaos, ni plus ni moins ordonné que le New York d’aujourd’hui. Mais alors que les robots de livraison autonomes commencent déjà à faire leur apparition, comment, aujourd’hui, notre espace urbain est-il sur le point d’évoluer ?

The Guardian compare notre cohabitation future à l’effet de frustration ressenti derrière un adolescent jouant à Pokémon Go : différentiels d’allures, pauses récurrentes, légères déviations aléatoires et mouvements imprévus auront tôt fait d’agacer. Les robots, plus pratiques que les drones, semblent être les rois de la logistique dite du dernier kilomètre, mais sont pourtant programmés pour interagir «avec courtoisie» avec les piétons, affirme un constructeur : il y a de la place pour tout le monde, explique-t-il, arguant que les trottoirs sont en réalité des espaces sous-utilisés.

D’après un urbaniste spécialiste du trottoir en tant que zone de conflit et de négociation, l’arrivée d’essaims de robots-livreurs transformera toutefois ces derniers, qui passeront d’espaces multifonctionnels (s’asseoir, jouer, discuter, attendre) à des couloirs de circulation similaires, par exemple, aux pistes cyclables. La séparation de l’espace urbain en zones délimitées (voie réservée au trafic, aux voitures garées, aux piétons, aux cyclistes), qui n’a rien d’éternelle, est en effet bel et bien le fruit d’une époque.

L’arrivée de nouvelles mécaniques près de nos mollets va à l’évidence bouleverser cette répartition, au risque de réduire voire privatiser l’espace public (et accélérer, possiblement, les politiques urbaines anti-sans-abris), mais aussi de réduire les mobilités humaines, notamment autour des « petits déplacements » rendus inutiles ou trop compliqués. Les entreprises derrière les robots-livreurs continuent d’employer des humains qui marchent derrière eux pour vérifier que tout se passe bien : nous n’avons pas (encore) abandonné l’espace urbain aux robots.

L’article du Guardian est à lire par ici.