03 / 02 / 2017
#MIT Technology Review

Medtech : l’analyse vocale et les algorithmes au chevet des patients

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Des chercheurs new-yorkais obtiennent des premiers résultats dans le diagnostic de troubles de stress post-traumatique et de maladies cardiaques en utilisant une technique d’analyse vocale assistée par machine learning. Projection dans l’avenir de la médecine avec la MIT Technology Review.

Le diagnostic des troubles de stress post-traumatique (TSPT) n’est pas un diagnostic binaire, ni pertinent dans 100% des cas. Parmi les pistes visant à l’améliorer, les psychiatres d’une faculté de médecine new-yorkaise se penchent sur les biomarqueurs qui pourraient se trouver dans de petits échantillons de voix, rapporte la Technology Review du MIT.

Captées par smartphone ou autres wearables, puis analysées et comparées à des masses de données d’autres patients ou de personnes en bonne santé psychique, les variations de ton, de rythme, d’élocution ou encore de volume sonore seraient autant de signes contribuant à indiquer une TSPT, mais aussi une dépression ou un traumatisme crânien. D’après les premiers résultats d’une étude menée sur cinq ans, l’analyse vocale a permis de distinguer avec 77% de réussite les patients atteints de TSPT.

Mais pour faire de l’analyse vocale un appui fiable au diagnostic, les chercheurs américains estiment avoir besoin de recueillir davantage de données, mais aussi, in fine, d’obtenir l’autorisation de l’autorité concernée, la Food and Drug Administration. Autre obstacle, la question de la vie privée : l’analyse vocale, qui pourrait donner accès aux informations personnelles et aux appels téléphoniques du patient, devrait à ce titre recueillir l’aval de ce dernier. Même si selon les chercheurs, seuls des schémas, et non le contenu des conversations, sont capturés.

L’enjeu n’est pas mince : comme le suggèrent les résultats d’une première étude associant elle-aussi captation de la voix et machine learning, les biomarqueurs vocaux pourraient également faciliter le diagnostic des maladies cardiaques, lesquelles peuvent altérer la production vocale. De telles applications, que les chercheurs espèrent téléchargeables à moindre coût sur un simple smartphone, pourraient être utilisées pour identifier en amont des patients à risque ou pour surveiller, à distance, des patients après une chirurgie du cœur.

L’article de la MIT Technology Review, à retrouver ici.