09 / 03 / 2017
#FastCoExist

Big data : vers la quantification de la restauration des écosystèmes naturels

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La restauration des écosystèmes naturels abîmés rejoint le vaste mouvement de mise en données du monde : en calculant en amont le « bien environnemental » que pourrait occasionner la replantation d’un arbre, une ONG a montré qu’on pouvait optimiser le budget des opérations de restauration. Cas d’école avec Fast Co.Exist.

Les truites arc-en-ciel, les saumons et les adeptes de rafting qui peuplent le Rogue, petit fleuve côtier de l’Ouest américain, nagent dans une eau toujours aussi fraîche, mais également entourée de plus en plus d’arbres. Il a pour ce faire fallu contrer le déversement dans le Rogue d’eaux chaudes par l’usine de traitement des eaux usées voisine et, pour cela, on a préféré inciter financièrement les propriétaires terriens des bords du fleuve à planter des arbres plutôt qu’à faire appel à une tour de refroidissement.

Cette bucolique histoire racontée par Fast Co.Exist a moins à voir avec une hasardeuse volonté paysagiste qu’avec l’utilisation des big data dans la recherche de mécanismes naturels et à bas coût permettant la restauration d’écosystèmes endommagés. BasinScout, le logiciel utilisé, a été développé par une ONG spécialisée sur ces questions et qui évoque l’ère nouvelle de «la restauration environnementale quantifiée».

BasinScout a permis d’identifier avec précision la douzaine de conditions (sur les cent analysées) que devaient remplir les lieux d’implantation des arbres choisis pour stabiliser de manière optimale la température du cours d’eau. La composition du sol, leur inclinaison, l’exposition au soleil, la présence environnante de terrains cultivés ou encore le volume d’eau utilisé par les fermes voisines affectent en effet le «bien environnemental» que peut accomplir avec la plantation d’un arbre.

Résultat : avec le même budget initial alloué à un projet de restauration, on peut atteindre cinquante fois plus d’effets positifs sur l’environnement si l’on quantifie en amont, les conditions, ce «bien environnemental». 38 milliards de dollars sont dépensés chaque année par les États-Unis pour la santé des eaux et la restauration environnementale : l’enjeu dépasse les seules truites arc-en-ciel du Rogue.

Poursuivre par ici le voyage dans les eaux du Rogue.