09 / 08 / 2017
#Automatisation

Camions, drones, tracteurs... Ces machines qui seront autonomes avant l'automobile

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Camions, drones, tracteurs... Ces machines qui seront autonomes avant l'automobile
Malgré le buzz que suscitent les voitures autonomes, d’autres secteurs sont bien plus avancés en matière de conduite automatisée. Florilège.

Lorsque l’on parle de systèmes de conduite autonome, on pense immédiatement à l’automobile : l’autopilote de Tesla, les prototypes Renault Next Two, les expérimentations d’Uber… Cependant, les voitures comptent parmi les appareils les plus difficiles à automatiser, étant donné leur rôle central dans nos sociétés et le nombre d’accrocs potentiels. Avant elles, de nombreuses machines seront capables de se mouvoir sans pilotage humain. Certaines sont d’ailleurs déjà sur le marché. Petit tour d’horizon.

Les drones (non, ceux-là ne s’achèteront pas dans un magasin de jouets)

Pour passer du statut de gadgets pour technophiles chevronnés à celui de machines au potentiel immense, de la livraison de marchandises à l’agriculture, en passant par la surveillance et même le transport de personnes, les drones doivent impérativement devenir autonomes. Bonne nouvelle : plusieurs entreprises sont déjà sur le coup. Au Japon, le géant du commerce en ligne Rakuten a mis en place un projet pilote reposant sur des drones de livraison entièrement autonomes, avec de premiers résultats positifs, selon Hideaki Mukai, en charge du département consacré aux drones. En Californie, l’entreprise Skydio conçoit également des drones capables de s’orienter sans assistance humaine.

Les camions (et là vous imaginez un Food Truck autonome de burgers… mais c’est pas encore ça)

Les camions autonomes ne manquent pas d’attraits. Contrairement aux voitures, ils passent le plus clair de leur temps sur l’autoroute, où la conduite est bien plus prévisible, et donc bien plus simple à automatiser qu’en milieu urbain. Cependant, le marché possède aussi ses propres défis : un camion réagit bien plus lentement qu’une automobile, possède moins de marge de manœuvre, et transporte une charge différente à chaque trajet. Malgré ces difficultés, Lior Ron, co-fondateur et président d’Otto, entreprise de camions autonomes rachetée par Uber en 2016, en est convaincu : ces véhicules seront massivement déployés sur les autoroutes au cours de la prochaine décennie. Demeure la question de la conduite en ville, pour laquelle Lior Ron envisage des premiers essais effectués de nuit, lorsque les rues sont plus calmes. Starsky Robotics, une entreprise concurrente, a quant à elle conçu un système permettant à un humain de piloter le camion à distance lorsque celui-ci pénètre en zone urbaine pour y livrer sa cargaison.

Les tracteurs (mais une machine peut-elle faire du bio ? Ah !)

Autonomous Solutions Inc.

Plusieurs entreprises travaillent sur des concepts de tracteurs autonomes. Bardés de capteurs et de caméras, ils pourraient opérer vingt-quatre heures sur vingt-quatre et réaliser des activités de semence et de labourage. Plus petits, car dépourvus de la cabine nécessaire pour embarquer le pilote, ils seraient également plus légers, donc meilleurs pour le sol, et moins chers, selon Andra Keay, directrice de la Silicon Valley Robotics, un groupe industriel supportant la commercialisation de technologies robotiques. Les entreprises opérant dans le secteur ont pour nom Autonomous Solutions, John Deere ou encore AGCO.

Le bus autonome (mais pourra-t-on toujours descendre avant l’arrêt en cas de trafic… ?)

Local Motors

Autre secteur où l’automatisation se rapproche à grands pas : les bus et navettes autonomes. Conçus pour acheminer les étudiants sur leur campus, les travailleurs sur les grands sites d’entreprises ou tout simplement les citadins vers leur destination, les bus électriques et autonomes d’Olli, de l’entreprise Local Motors, sont actuellement testés à Berlin, et plusieurs projets pilotes sont prévus aux États-Unis pour la fin 2017. Aux Pays-Bas, l’entreprise WePod expérimente un système similaire depuis 2015. Saluons aussi les ambitions des navettes « Arma » de la société française Navya qui avait lancée une expérimentations dans le quartier Confluence à Lyon en 2016. Enfin, dans la Silicon Valley, Next travaille sur un concept futuriste de modules rectangulaires, eux aussi 100% électriques et autonomes, conçus pour acheminer les individus sur leur lieu de travail. Capables d’accueillir une demi-douzaine de personnes, les modules peuvent s’emboîter les uns dans les autres pour créer des sortes de bus géants. Se dessine ainsi un véhicule du futur autonome, électrique et partagé, offrant une solution plus efficace et écologique à la voiture individuelle telle que nous la connaissons.

Le service de chambre (pour un club sandwich vraiment à tout heure)

L’automatisation ne concerne pas seulement les véhicules à quatre roues. Ainsi, l’entreprise Savioke, installée à San Francisco, a construit Relay, un robot multitâches dont la première mission consiste à servir de groom dans les hôtels. « L’objectif est de permettre aux employés de l’hôtel de fournir un meilleur service grâce à l’assistance du robot. Relay est conçu pour transporter des objets depuis l’accueil jusqu’aux chambres : la personne située à l’accueil les lui confie, et le client les récupère à la porte de sa suite. Cela permet au service de chambre d’être bien plus rapide et de satisfaire davantage de clients à la fois. » explique Tessa Lau, CTO de l’entreprise.

Les charriots (là vous prenez conscience que c’est la fin du transpalette, cet engin si facile à manier…)

Fetch Robotics

La conduite autonome peut également faire des miracles dans la manutention. L’entreprise Fetch Robotics commercialise ainsi des robots conçus pour porter des charges lourdes dans les entrepôts. Les ouvriers n’ont ensuite plus qu’à les ranger en rayon. DHL, la plus grande entreprise de logistique au monde, a déployé un projet pilote en partenariat avec Fetch Robotics dans les entrepôts de Wärtsilä, une entreprise finlandaise. Selon DHL, l’usage des robots a permis d’accroître la productivité et la sécurité au sein de l’entrepôt. Face au succès de l’opération, DHL et Wärtsilä ont prévu d’étendre cet usage.

Les sac à dos(disruptif pour les casiers de votre flex office)

Le développement des technologies autonomes offre également l’occasion de concevoir des véhicules d’un type tout à fait nouveau. C’est la démarche suivie par Piaggio Fast Forward, avec le robot Gita. Ce petit appareil circulaire, au design très réussi, est conçu pour suivre son propriétaire, que ce dernier se déplace à pied ou à vélo, en portant des objets à sa place. Il peut transporter des charges d’environ vingt kilos. Contrairement aux drones roulants de Starship Technologies, Gita n’a pas vocation à effectuer des livraisons, mais plutôt de « permettre aux humains de se déplacer avec davantage de confort » selon Sasha Hoffman, directrice des opérations de Piaggio Fast Forward. Pour l’heure, Piaggio ne vend pas directement aux consommateurs, mais plutôt à des professionnels, entreprises, aéroports et universités.