17 / 08 / 2018

Ces inventions ambitieuses qui n’ont pas connu le succès

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Ces inventions ambitieuses qui n’ont pas connu le succès
Le monde des nouvelles technologies regorge de succès spectaculaires ayant changé la face du monde, de l’ordinateur personnel à l’iPhone, en passant par l’internet. Mais plus nombreux encore sont les produits qui, lancés en grande pompe, n’ont jamais su conquérir l’affection du public et ont fini dans le grand cimetière numérique des inventions oubliées. En voici une liste non exhaustive.

Le journal imprimé à domicile
Cette invention date de la fin des années 1930, soit bien avant la possibilité de consulter les nouvelles du jour sur Internet. À l’époque, de nombreux journaux s’inquiètent de la concurrence que leur impose la récente démocratisation de la radio et cherchent une réponse adéquate. Attribuée à un certain W. G. H. Finch, elle a pour ambition de permettre à chacun d’imprimer lui-même son journal à domicile plutôt que d’attendre le passage du facteur, avant de le parcourir devant une tasse de café. Le dispositif s’appuie sur les ondes radio pour envoyer une photographie du journal à un gros appareil installé au domicile de l’individu, qui se charge ensuite d’imprimer le journal sous la forme d’un long rouleau de papier. À charge de l’utilisateur de le plier correctement avant de se plonger dans sa lecture : moins commode que de simplement déballer son journal fraîchement débarqué de l’imprimerie et livré sur le pas de la porte. Le dispositif requiert surtout de s’armer de patience, puisqu’il faut environ quinze minutes pour imprimer une seule page. Mais s’il ne parvint pas à convaincre le public, c’est peut-être aussi parce que l’appareil, préfigurant l’avènement du fac et de l’imprimante personnelle, était trop en avance sur son temps.

La télévision dans une paire de lunettes
Avec la démocratisation du smartphone, chacun peut facilement se rendre sur la toile, dégainer ses écouteurs et s’absorber dans un film ou une vidéo, qu’il se trouve dans les transports en commun ou dans une file d’attente. Bien avant l’iPhone, l’idée germe déjà dans la tête d’Hugo Gernsback, inventeur et grand amateur de science-fiction, genre qu’il contribue à développer à travers le magazine Amazing Stories, qu’il lance en 1926. Près de 40 ans plus tard, en 1963, il voit la télévision s’inviter dans de nombreux foyers américains, et les familles se quereller pour choisir quelle chaîne regarder. Il a alors l’idée d’œuvrer pour la paix des ménages en proposant une paire de lunettes permettant à chacun de regarder son propre programme télévisé. Le produit ne dépassera jamais l’état de prototype, mais smartphones et casques de réalité virtuelle doivent tous deux quelque chose à Gernsback.

Les smartphones et casques de réalité virtuelle doivent tous deux quelque chose à Gernsback / © Unsplash

Un phonographe de la taille d’une montre
Croisement entre l’iPod et la montre connectée, mais reposant sur de très vieilles technologies, c’est ainsi que l’on pourrait présenter le « watch-case phonograph », invention qui date de 1936. Ce phonographe de poche offre un moyen transportable et peu encombrant d’écouter un disque de jazz ou une sonate de Beethoven. Il souffre malheureusement de sérieuses limitations : la nécessité de coller l’appareil contre son oreille pour entendre la musique, d’une part, et la très faible longueur de l’enregistrement, d’autre part. Pas question d’écouter la sonate complète, encore moins un opéra entier. L’appareil ne rencontra jamais le succès auprès du public, mais on ne peut lui ôter son ambition visionnaire.

Le chapeau radio
Avant le casque audio sans fil, l’iPod ou même le walkman, nos ancêtres ont inventé un autre moyen d’écouter de la musique lors de leurs déplacements : le chapeau radio. Lancé en 1949 par l’inventeur américain Victor T. Hoeflich, l’appareil semble tout droit jailli d’un vieux film de science-fiction rétrofuturiste. Mis en vente à travers tous les États-Unis, présenté comme « le chapeau de l’homme venu de Mars », il permet à son propriétaire d’écouter la radio dans la rue ou les transports en commun, à l’aide d’un casque équipé d’un récepteur, d’une paire d’écouteurs et d’une batterie rangée dans la poche. Victime de limitations techniques (le dispositif souffrait d’une mauvaise réception, aggravée chaque fois que le porteur tournait la tête, et captait souvent les autres stations environnantes) et sans doute du look quelque peu excentrique qu’il conférait à son propriétaire, le produit ne connut qu’un buzz passager et fut retiré de la vente dans les années 1960.

Le minitel / © Les vieilles choses

Le Minitel, ancêtre de l’internet
S’il est aujourd’hui souvent évoqué d’un air moqueur, on oublie qu’avant de péricliter, le Minitel connut un flamboyant succès. Esquissé en 1978 par le rapport Nora-Minc, adressé au président Valéry Giscard d’Estaing, le Minitel est d’abord expérimenté en Bretagne, avant d’être lancé à l’échelle nationale en 1982. D’abord conçu comme un simple annuaire téléphonique, il permet rapidement aux Français d’accéder à tout un tas de services, banque, météo, paperasse administrative, réservation de billets de train et d’avion, et même téléphone rose. Les Français ont ainsi un avant-goût, dix ans avant le reste du monde, des changements que s’apprête à introduire l’internet dans nos existences. Cerise sur le gâteau : le Minitel est distribué gratuitement aux abonnés de France Télécom. À son pic d’utilisation, dans les années 1990, le Minitel compte 25 millions d’utilisateurs, principalement dans l’hexagone. Malheureusement, le service ne parvint jamais à s’exporter au-delà des frontières, et, victime de la concurrence du réseau internet et de sérieuses limitations techniques, commence à tomber en désuétude à la fin des années 1990. En 2012, 30 ans après son lancement, France Télécom ferme définitivement le service.

Google glasses

Le drone qui suit automatiquement son propriétaire
Mi-2015, l’entreprise Lily Robotics suscite une vague d’enthousiasme sur la toile, avec une vidéo promotionnelle stupéfiante. On y découvre un drone conçu pour les amateurs de sports extrêmes, qui se déploie tout seul lorsqu’on le lance dans les airs, suit automatiquement son propriétaire pour filmer ses exploits, et peut même aller sous l’eau. Le buzz généré par la marque ne tarde pas à se concrétiser en monnaie sonnante et trébuchante : le drone attire 15 millions de dollars d’investissements, et accumule pour 34 millions de dollars de précommandes. Mais entre les investisseurs, le public et la marque, la lune de miel est de courte durée. La date de livraison des premiers modèles ne cesse d’être repoussée, jusqu’à ce qu’en janvier 2017, l’entreprise mette la clef sous la porte, sans avoir expédié le moindre produit. Les choses ne s’arrêtent pas là, puisque plusieurs résidents californiens (état dont l’entreprise est originaire) intentent un procès à Lily Robotics dans la foulée. Ils l’accusent notamment d’avoir menti dans sa vidéo promotionnelle, exagérant les capacités de son produit, en présentant comme filmées par le drone Lily des vidéos qui auraient en réalité été enregistrées à l’aide d’une GoPro fixée sur un drone DJl. L’entreprise Mota Group a depuis racheté la marque et sorti une nouvelle version du drone, dépouillé de ses caractéristiques les plus prometteuses.