20 / 06 / 2017
#Mashable

E-santé : ces chatbots qui veulent nous mettre sur le divan

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Mashable fait le portrait de Woebot, robot conversationnel utilisable sur Facebook Messenger et qui adopte une démarche plus scientifique que d’accoutumée dans le domaine des technologies visant à accompagner les humains dans la gestion de leur humeur, voire de leur état dépressif. Mais les questions sur l’efficacité de ces « chatbots-psys » restent ouvertes…

«Cela va peut-être vous surprendre, mais… Je suis un robot. C’est vrai. Aussi intelligent que je puisse paraître, je ne suis pas capable de vraiment comprendre ce dont vous avez besoin.»

C’est par cette première précaution d’usage que Woebot, l’un des quelques chatbots développés afin d’améliorer le bien-être psychologique et mental de ses interlocuteurs, peut être amené à lancer la discussion. Woebot est l’un des premiers chatbots du genre, explique Mashable, qui précise qu’il n’est pas fait pour résoudre de profonds problèmes mentaux ou guérir un trauma, mais plutôt pour améliorer notre humeur ou nous réconforter.

Alors que les soins mentaux sont peu populaires aux États-Unis – une étude de 2015 affirmait que 40% des Nord-Américains qui auraient dû recevoir un traitement ne l’ont en fait pas reçu –, de nombreux outils technologiques sont venus essayer de combler ce manque. Applications mobiles et chatbots dopés à l’intelligence artificielle se sont multipliés pour lutter en particulier contre la dépression et l’anxiété…

Problème : ces derniers n’adoptent pas une approche basée sur la science. C’est justement ce que veut contrer Alison Darcy, fondatrice de Woebot et psychologue clinicienne de l’Université de Stanford, qui a publié une petite étude visant à démontrer que son chatbot pouvait réduire les symptômes de dépression en deux semaines. L’IA utilisée relève dans le langage utilisé par l’interlocuteur une variété de signaux émotionnels tels que la tristesse, l’anxiété ou la colère et prodigue des conseils pour qu’il comprenne mieux, voire recadre ces sentiments.

De là à modifier notre bien-être émotionnel ? Pas tout à fait, la recherche en la matière étant tout simplement trop embryonnaire pour démontrer qu’un chatbot peut des effets thérapeutiques positifs. Reste encore la problématique illusion de l’anonymat et la désorientation possible du fait de l’impression erronée de parler à un humain… En attendant, ces chatbots peuvent déjà déceler des comportements suicidaires et fournir les coordonnées de spécialistes pouvant apporter une aide plus appropriée, et faire office de porte d’entrée vers une « vraie » thérapie.

L’article de Mashable est à retrouver ici.