01 / 02 / 2017
#The Conversation

La livraison de colis par drone en ville, mission impossible ?

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Le cadre juridique trop restrictif et trop instable empêcherait la généralisation de la livraison de colis par drone dans les zones urbaines, selon le principal d’une université britannique. Et même si ce n’était pas le cas, les drones pourraient de plus en plus facilement être abattus. Point de vue avec The Conversation.

«Il est virtuellement impossible de voir les livraisons par drone devenir viables dans les villes». C’est ce qu’affirme Richard Andrew Williams, principal de la Heriot-Watt University d’Édimbourg, en Écosse, dans une tribune publiée par The Conversation. Techniquement possible, comme il l’a été prouvé récemment, aux États-Unis, au Royaume-Uni ou même dans le Var, la livraison de colis par drones se verrait contrariée, au moins dans les zones urbaines, par deux défis difficilement contournables : des restrictions juridiques trop fortes et, plus étonnant, l’émergence de technologies capables de les abattre depuis le sol.

Le SkyWall 100, gros bazooka britannique commercialisé auprès du grand public, ou encore le Battelle DroneDefender, technique brouillant le système GPS du drone, pourraient ainsi être utilisées pour, tout au moins, perturber le vol des drones-livreurs. Aux États-Unis, ils ne sont d’ailleurs pas classés comme armes à feu, ce qui pourrait ouvrir la voie à un « sport » relativement populaire : le drone downing.

Plus fondamentalement, le flou juridique autour du business des drones pourrait l’empêcher d’être une activité économiquement viable. Des règles se mettent en place pour encadrer leur utilisation et éviter les problèmes liés à l’intrusion dans la vie privée, à la sécurité aérienne, aux nuisances sonores, aux dommages matériels ou même à la sécurité d’État. Les contraintes existent déjà : les drones doivent déjà ne pas dépasser un certain poids, ne pas voler à plus d’une certaine hauteur, ni auprès de certains groupes de population ou de certaines zones (stades, aéroports, etc.).

Et la question de la livraison par colis reste même hors périmètre durèglement de l’US Federal Aviation Authority d’août 2016, commenté comme pouvant ouvrir la voie à une sécurisation juridique – et donc un développement massif – de l’économie du drone. Il faudra donc attendre pour savoir si les colis sauront passer entre balles et mailles juridiques.

L’argumentaire de Richard Andrew Williams est à retrouver ici.