13 / 04 / 2018
#Pionnier

Dès demain, des objets connectés pour nous sauver la vie ?

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A l’occasion du SIDO, le showroom professionnel dédié aux objets connectés qui s’est tenu à Lyon les 4 et 5 avril, de nombreux acteurs français ont démontré leur savoir-faire en matière d’intégration de systèmes de sécurité connecté.

« Nous sommes encore à la préhistoire de l’Internet des objets, tant en termes d’ergonomie que d’intégration. Sur ce dernier point, l’enjeu est que les objets du quotidien deviennent vecteur de services connectés. Aussi la manière d’interagir avec nos actuels objets ne devra pas changer ». Le constat de Philippe Delbary, directeur marketing de la division d’Orange en charge de l’intégration des objets connectés, est loin de plaire à tous. Lors de l’édition 2018 du SIDO, le showroom dédié aux objets connectés BtoB qui s’est tenu à Lyon les 4 et 5 avril, de nombreux experts se sont penchés sur la capacité des objets intelligents à rendre notre monde plus sécurisé, et pourquoi pas, à sauver des vies.

 

Cette mission ambitieuse, presque audacieuse, est devenue le fonds de commerce de nombreuses sociétés. Dans la majorité des cas, c’est la capacité des objets à rester passifs, discrets, voire presque inexistants qui fait foi. Spin-off du fabricant de chaussures de sécurité Parade, le spécialiste de la chaussure connectée e-Vone s’adresse aujourd’hui aux seniors avec près d’une trentaine de modèles qui intègrent des détecteurs de chute. « A la différence d’un bracelet pour seniors qui détecte 30% des chutes, nous tablons sur un taux de détection de 80% » souligne Anne Bluteau, la responsable marketing de la marque. « Au-delà de l’usage, notre rôle est d’apporter de la sérénité à nos clients. Quand on sait capter de la donnée dans le pied, on saura demain faire de la prévention quant à la manière de se tenir ou de marcher, ce qui tend à minorer les effets d’une chute ».

La prévention réside donc dans la posture, le cœur de métier de William Houx-Plantier qui dans sa start-up MATVISIO à Lyon, a développé un système de prévention de risques de troubles musculo-squelettiques pour les entreprises. « Grâce à une webcam spécifique qui capte les ondes infrarouges et la profondeur, notre système passif crée un jumeau numérique d’un utilisateur devant son poste de travail et analyse toutes ses postures en temps réel pour dégager ensuite des recommandations de posture ». Un outil loin d’être superflu dans un monde où les interactions avec les écrans continuent de se développer. Et c’est justement ce type d’information qui permet d’échapper à de nombreuses souffrances, et ainsi ralentir le vieillissement de l’organisme.

Une sécurité renforcée par le volume des données

De son côté, Rémi Thomas s’attaque à un gros morceau : sa société In&Motion a entre autres développé un gilet airbag connecté pour motards. Outre sa volonté de diminuer les conséquences physiques d’un accident, l’entrepreneur mise sur la collecte des données pour sensibiliser sa cible à travers des actions de prévention : « Nous avons récolté des données sur des millions de kilomètres parcourus par les motards qui utilisent notre système, ce qui in fine nous permet d’analyser leurs mouvements. Ainsi, plus nous avons d’utilisateurs, plus notre algorithme est performant« . La sécurité est donc l’affaire de tous, mais cela n’a jamais été un grand secret.

Toutefois, une adoption massive de ces dispositifs ne pourra se faire que si leur prix est accessible et que l’ensemble de la chaîne du système de santé se sent concerné. « En France, la tâche est complexe car les systèmes de prévention sont payés par les utilisateurs alors que le soin curatif est gratuit. C’est pourtant l’action préventive qui a vocation à limiter les actes curatifs, explique Julien Larfouilloux, responsable Programmes e-santé et IOT du groupe mutualiste VYV. Il est certain que nous ne pourrons jamais rembourser les gadgets connectés que les gens s’offrent à Noël, en revanche les assureurs ont une carte à jouer dans la mutualisation des coûts de fabrication des objets », conclut-il. Le chemin est encore long, alors autant continuer de compter nos pas.