27 / 06 / 2017
#Automatisation

Emploi : ces 5 secteurs sont les plus automatisables

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Un robot qui fabrique des pizzas ou sert un café, un supermarché sans caissier ni vendeur, des camions sans chauffeur… L’impact actuel et futur de l’automatisation sur les emplois devient de plus en plus concret. Si tous les métiers ne sont pas automatisables dans leur totalité, l’immense majorité du marché du travail sera touchée. Mais certains secteurs plus que d’autres. Gros plan sur les emplois humains qui sont les plus susceptibles d’être remplacés des machines.

Une intelligence artificielle et des robots capables de pratiquer la neurochirurgie, de conduire des camions, de composer de véritables tubes, de réaliser des transactions financières ou encore de compiler des contrats dans des cabinets d’avocats… Les articles annonçant des innovations dans le domaine de l’automatisation se font de plus en plus nombreux. Et il est difficile de saisir dans le flux de l’actualité les nuances du bouleversement du marché du travail qui s’annonce.

Et pourtant, si une intelligence artificielle peut d’ores et déjà compiler des décisions de justice, nous sommes encore loin d’avoir un ordinateur comme avocat. En effet, une distinction s’impose entre l’automatisation d’une tâche et celle d’un métier dans sa totalité. Une nuance que prennent en compte les principales études sur la question.

Mais alors, quels sont ces secteurs de l’emploi risquant le plus d’être entièrement automatisés ? Les chiffres de probabilité d’automatisation proposés ici sont issus de l’étude publiée en 2013 par Carl Benedikt Frey et Michael A. Osborne de l’université d’Oxford, qui fait aujourd’hui encore référence. Un site, Will Robots Take My Job?, s’est d’ailleurs amusé à compiler les données de leurs recherches et propose d’étudier la probabilité d’automatisation de son emploi.

Les transports : automatisable à 89 %

Les voitures, les camions, les bus, mais aussi les bateaux: le véhicule autonome est en passe de bouleverser les métiers du transport. Encore en phase de test, la technologie devrait permettre à un horizon de plus en plus proche d’assurer des tâches automatisables comme lire les panneaux de signalisation ou réagir au trafic… Selon des ingénieurs du MIT, 3 000 véhicules autonomes et partagés pourraient dès à présent remplacer les 14 000 chauffeurs de taxis new-yorkais en répondant à 98% des besoins de déplacements actuels.

Aux Etats-Unis, c’est plus de 3 millions d’emplois liés à la conduite de véhicules, dont près de 2 millions d’emplois de chauffeurs routiers qui seraient concernés par la disparition de leur travail selon un rapport de la Maison-Blanche dédié au sujet datant de 2016. En France, au 31 décembre 2014, le secteur des transports et de l’entreposage employait 1,3 million de personnes, soit 8,7 % des salariés français.

La vente : automatisable à 92 %

En décembre 2016, Amazon annonçait le premier magasin sans caisse ni file d’attente. Même si le système ne semble pas encore entièrement opérationnel, certains y ont vu la dernière étape symbolique dans la disparition des vendeurs et caissiers, qui faisait suite à une automatisation sans cesse croissante, marquée en particulier par la généralisation de caisses automatiques.

Ce secteur, déjà concurrencé par la vente en ligne, est composé en grande partie d’un travail physique prévisible et de tâches automatisables (scanner des objets, conseils, encaissement…). Il emploie 4,5 millions de personnes aux Etats-Unis en 2016. En France, ce sont 640 215 personnesqui travaillent dans le secteur.

Le secteur banques et assurances : automatisable à 92 %

Agent de vente d’assurance ou de crédit, courtier, trader… Autant de métiers consistant principalement à collecter et traiter de la donnée. Ce qui pourra très rapidement être automatisé.

Côté finance, la Harvard Business Review soulignait en janvier 2017 que 10 000 postes d’opérateurs avaient déjà été supprimés dans les 10 principales banques du monde depuis 2010. Et alors que 5 500 agents de change arpentaient la bourse de New York en l’an 2000, ils sont aujourd’hui moins de 400 à faire de même.

En 2016,385 700 courtiers en assurance et 305 000 agents de prêts travaillaient aux Etats-Unis.

La restauration : automatisable à 94 %

Henry Hu, propriétaire de « Café X », un café 100 % automatisé à San Francisco, confiait à Wired que, pour le client, un robot était la certitude d’éviter un mauvais service ou une trop longue attente.

Et la restauration est déjà confrontée à des expériences d’automatisation, que ce soit pour la confection d’une pizza ou la vente d’un café. En France, ce secteur emploie 603 000 salariés, et aux Etats-Unis c’est 2,5 millions de serveurs et un peu moins de 200 000 cuisiniers qui pourraient être concernés.

L’Entreposage et la manutention : automatisable à 99 %

Entre un robot connecté au cloud capable d’attraper n’importe quel objet et l’armée de bots qui, dès la commande, gèrent l’acheminement des produits achetés en ligne dans des hangars interdits aux humains, c’est sans doute un des secteurs les plus emblématiques de cette automatisation croisant IA et robotique. En France, ce secteur employait en 2016 environ 658 000 personnes.

Si ces métiers sont très susceptibles d’êtres quasi-entièrement automatisés, les experts s’accordent à dire que, pour d’autres, l’IA prendra principalement le rôle d’un « coworker ennuyeux». Voire même, il ne prendra aucun rôle du tout, certains secteurs ne permettant tout simplement pas d’automatisation.

Bloomberg souligne ainsi l’existence de plusieurs « goulots d’étranglement » pour l’IA, en particulier concernant les métiers impliquant de la manipulation précise ou de la créativité. Chirurgiens, pompiers, chorégraphes, directeurs artistiques ou encore prêtres ne risquent donc pas de voir des robots les remplacer dans les années à venir.