15 / 06 / 2017
#Backchannel

Gig economy : ces nouvelles plateformes qui tournent le dos au modèle Uber

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Alors que les plateformes numériques continuent de picorer des marchés aux sociétés traditionnelles, l’ubérisation de l’économie telle qu’on la connaît ne serait pas la seule alternative : des plateformes voient le jour qui mettent au cœur de leur modèle non plus des travailleurs indépendants mais d’authentiques salariés. Analyse, avec Backchannel.

L’économie à la demande peut-elle être autre chose qu’une gig economy – littéralement, «économie du petit boulot» ? Miranda Katz, journaliste du média spécialisé Backchannel, a en tout cas repéré plusieurs entreprises qui tournent le dos au modèle éprouvé par les nombreuses plateformes à succès qui se sont développées dans le sillon de celle qui a donné son nom au substantif caractérisant une transformation de pans entiers de l’économie, Uber.

Dans ce qu’elle repère comme une tendance, le modèle économique n’est donc plus celui du petit boulot, c’est-à-dire celui d’une plateforme qui tourne grâce à («sur les épaules de», dit Katz) une myriade de contractuels, auto-entrepreneurs ou travailleurs indépendants. Remarquant les dangers que représentent les nombreuses actions juridiques intentées aux gig companies, venant parfois des contractuels eux-mêmes, ainsi que les problèmes d’image associés de manière inhérente à leur modèle, cette deuxième génération de plateformes semble s’inspirer du courant des ressources humaines qui veut qu’une entreprise qui investit dans sa main-d’œuvre est plus rentable sur le long terme, et opère un retour vers l’emploi traditionnel et à plein temps.

Pour ces acteurs, nés sur ce modèle (Managed by Q) ou convertis (Shyp, Luxe, Eden, Sprig, etc.), sérénité juridique, capacité à former à plus long terme et à moindre coût sa main-d’œuvre et meilleure image de marque semblent ainsi peser davantage dans la balance que les coûts supplémentaires liés notamment à la gestion de la paye. Aucune de ces sociétés n’a atteint l’échelle ou la notoriété d’un Uber ou d’un Lyft, nuance Backchannel, qui pointe toutefois que sacrifier une croissance explosive fait précisément partie des caractéristiques de ces plateformes.

L’article, en version originale, est sur le site de Backchannel.