26 / 01 / 2017
#Harvard Business Review

Qui sont les humains derrière l’intelligence artificielle ?

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À quel point l’intelligence artificielle est-elle artificielle ? Le simple fait de poser la question en appelle une autre : pourquoi ne parle-t-on pas des humains derrière cette technologie prétendument automatisée ? Eléments de réponse dans la Harvard Business Review.

« Allez à Bangalore, en Inde, et voyez Kala, une mère de deux enfants, d’âge mur, devant l’ordinateur du bureau improvisé qu’elle partage chez elle avec son mari […]. Ses ados font leurs devoirs dans la pièce adjacente. Elle les appelle, raconte-t-elle, et leur demande en pointant l’écran du doigt : « C’est un gros mot, en anglais ? ». Voici à quoi les coulisses de l’intelligence artificielle ressemblent aujourd’hui. Kala passe des heures, chaque semaine, à parcourir et caractériser des exemples de contenus à caractère douteux. »

Grâce à plusieurs affaires médiatiques, dont l’information selon laquelle les trending topics de Facebook n’étaient pas choisis que grâce à ses algorithmes, le mythe d’une intelligence artificielle automatisée, toute-puissante et neutre, s’est écorné. Et il s’effrite encore un peu plus avec cette enquête de deux ans rapportée par Mary L. Gray, de la Harvard University, et Siddarth Suri, de Microsoft Research, dans la Harvard Business Review.

Comme celles du joueur d’échecs de Maelzel,l’un des plus célèbres avatars fictionnels du Turc mécanique, des ficelles invisibles, tirées par l’homme, pilotent donc l’intelligence artificielle. Retail, marketing, relation client mais surtout modération et curation de contenus : les tâches de ce «digital labor» sont variées et omniprésentes nos usages numériques quotidiens. De manière peu transparente, elles font intervenir des travailleurs décrits par les deux chercheurs comme «des gens normaux, typiquement peu payés, indépendants ou travaillant via agences temporaires, pour la plupart hors des États-Unis».

Pour ces chercheurs, aller au-delà de la démystification et décrire ces humains derrière l’IA présente un double intérêt : reconnaître la valeur de leur travail, et mieux comprendre l’origine des décisions qu’ils prennent, surtout quand celles-ci touchent à l’intérêt public.

Le compte-rendu dans la Harvard Business Review, c’est par .