30 / 03 / 2017
#MIT Technology Review

Demain, des implants neuronaux pour faire remarcher les patients paralysés

share
Restaurer les fonctions motrices de patients paralysés grâce à des interfaces neuronales : c’est un sujet de recherche qui a déjà plus de vingt ans, mais qui vient de connaître une avancée décisive avec une démonstration concluante sur des macaques. Le zoom de la MIT Technology Review.

Plié. Étendu. Plié. Étendu. Plié. «Le singe pensait et soudain, boum, il marchait». Nous ne sommes pas ici sur une planète où l’évolution ne se serait pas produite comme sur Terre : nous sommes à l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne, dans laquelle a été conçu un système capable d’interpréter l’intention de mouvement d’un singe et de la transmettre immédiatement à sa colonne vertébrale sous forme de stimuli électriques.

Alors que des neuro-implants ont déjà permis depuis plusieurs années à quelques animaux de laboratoire (et à quelques humains) de contrôler avec leur esprit des curseurs sur un écran ou des bras robotisés, cette découverte représente un pas décisif dans l’optique de faire remarcher des patients paralysés, note la Technology Review du MIT, qui la place dans ses «dix avancées technologiques capitales de 2017», qui «affecteront l’économie ou la politique, amélioreront la médecine ou influenceront notre culture».

L’équipe internationale de chercheurs de Lausanne a de fait conçu une sorte de « pontage neuronal », connectant, sans fil, la technologie permettant de lier l’activité cérébrale à des stimulateurs électriques placés sur le corps. Un dispositif similaire, incluant seize électrodes et des implants neuronaux, a été testé dans une université américaine, à Cleveland, sur une personne quadriplégique qui a réussi, aidé par un accoudoir à ressorts, à lever le bras ou à porter une tasse jusqu’à ses lèvres.

Liés à un plus vaste mouvement de recherche visant à concevoir des prothèses neuronales qui pourraient également restaurer la vue ou la mémoire, ces dispositifs restent expérimentaux et complexes et pourraient ne pas aboutir à une mise sur le marché avant dix ou quinze ans.

Pour en savoir plus avec la MIT Technology Review, c’est par là.