08 / 06 / 2017
#The Economist

Pourquoi intelligence artificielle et jeux vidéo font bon ménage

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Qui a dit que l’intelligence artificielle n’était pas une gameuse ? The Economist fait le point sur ces nombreux travaux autour de l’IA qui s’appuient sur les jeux vidéo avant de se lancer dans le monde réel.

Artur Filipowicz, chercheur en informatique de l’Université de Princeton, s’est récemment mis à Grand Theft Auto V, GTA V pour les intimes, de la franchise Rockstar Games. Ce n’est pas (ou pas que) pour décompresser après ses journées de travail, c’est surtout que la ville fictive de Los Santos lui fournit un nombre satisfaisant et varié de panneaux stop… Et ces panneaux, simulés de manière réaliste par le jeu vidéo, lui servent à entraîner les algorithmes des voitures autonomes. L’objectif : que celles-ci puissent mieux reconnaître tous les types de panneaux stop existants (les neufs et les plus abîmés, les propres et les plus sales, etc.).

Il y a en fait une sorte de romance entre les spécialistes de l’intelligence artificielle et les jeux vidéo, explique The Economist dans un long format consacré à la question. Le magazine britannique cite donc le cas de spécialistes, tels Artur Filipowicz, qui utilisent les mondes virtuels vidéoludiques comme autant de terrains d’expérimentation pour le monde réel. Mais d’autres préfèrent s’appuyer sur le fait que différents jeux vidéo appellent différentes réponses cognitives : en décomposant en conséquent le problème de l’intelligence en sous-problèmes, ayant chacun leur logique et étant plus faciles à gérer individuellement, on peut dessiner une nouvelle théorie de l’intelligence artificielle. Un réseau neuronal peut ainsi être à l’aise sur une tâche, moins sur une autre, et développer ainsi divers degrés d’intelligence, qu’il s’agira ensuite de « transférer ».

Les sociétés de jeu vidéo ont bien compris cet intérêt et lancent des plateformes de développement liées à l’intelligence artificielle, comme plusieurs exemples récents le prouvent : GTA, par exemple, est directement « jouable » par une IA, et Microsoft et Minecraft ont collaboré via le projet Malmo. Encore faut-il que le joueur virtuel qu’est l’IA ne se mette pas à tricher, et joue « vraiment » le jeu…

Le long format de The Economist par ici.