10 / 02 / 2017
#Wired

Intelligence artificielle : future championne de poker ?

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L’intelligence artificielle serait en passe de vaincre les meilleurs joueurs mondiaux de Texas Hold'em. Ses victoires, pour l’heure, passent encore par la main humaine. Reportage à fleur de cartes, par Wired.

Il y a eu, en 1996, Deep Blue face à Gary Kasparov. En 2007, on prouvait que si Chinook jouait contre un joueur de dames au jeu optimal, ils feraient match nul. En 2011, Watson remportait le jeu TV Jeopardy. Il y a eu enfin, en 2016, la défaite du champion de jeu de go Lee Sedol face à un robot. Y aura-t-il désormais Libertus et son fameux redoutable bluff au no-limit Texas Hold’em ?

L’intelligence artificielle est « en train de conquérir le poker », nuance Wired, qui relaye les dernières péripéties de Libertus – en latin, « équilibré » – face aux top players du poker mondial. « Je ne réalisais pas à quel point il était fort jusqu’à aujourd’hui. J’avais l’impression que je jouais contre quelqu’un qui trichait, comme s’il pouvait voir mes cartes. » Voilà le commentaire d’après-match de Dong Kim, champion de 28 ans qui avait déjà affronté (et battu) Libertus il y a deux ans, et qui constate, cette fois, « l’impossibilité d’une victoire humaine ».

Dans ce jeu à l’échange d’information imparfait, et semble-t-il plus difficilement modélisable que les échecs ou le jeu de go, l’IA développée par les chercheurs de l’université Carnegie-Mellon réussit à ne pas toujours jouer la même main de la même manière, à bluffer (ou non) lorsqu’elle a de mauvaises cartes, à faire tapis (ou non) lorsqu’elle est sûre de gagner.

Son secret ? Les chercheurs tirent en coulisses les ficelles de la machine et, s’ils refusent de dire s’ils modifient ses algorithmes au fur et à mesure du déroulement de la partie, le seul fait qu’ils laissent volontairement planer le doute altère le comportement du joueur et empêche de parler d’une victoire de l’IA… ou du moins de l’IA telle qu’on la définit conventionnellement.

Le moindre mérite de l’expérience, conclut Wired, est de rappeler que la distinction IA/humain est floue, l’homme travaillant de fait souvent de pair avec la machine. Et les chercheurs, au petit jeu de la course à la démonstration du succès de leurs travaux, peuvent aussi être de sacrés mauvais perdants.

À lire sur Wired, par ici.