13 / 04 / 2017
#ZDNet

Avec Kinect, la rééducation va-t-elle devenir ludique ?

share
Mêlant neuro-physique et jeux vidéo, un dispositif de rééducation ludique est expérimenté par une équipe de chercheurs italiens à destination des enfants ayant subi un AVC lorsqu’ils étaient nouveau-nés. Un projet Microsoft qui pourrait déboucher sur d’autres applications liées à l’apprentissage. Les présentations, avec ZDNet.

Les neurones miroirs ont été mis en évidence dans les années 1990 par un neurophysiologiste italien, Giacomo Rizzolatti. Ces neurones ont la particularité de s’activer soit lorsque leur possesseur effectue un mouvement donné, soit lorsque ce même individu observe quelqu’un d’autre faire la même action.

À l’Université de Parme, rapporte ZDNet, des chercheurs ont fait le lien entre cette découverte et la Kinect de Microsoft, dotée de capteurs de reconnaissance de mouvement. Résultat : Mirrorable, un projet scientifique pilote visant à rééduquer des enfants ayant subi un AVC périnatal ayant entraîné des déficiences motrices. Nombreux à être dans ce cas (on en dénombre 3,5 millions par an dans le monde), ces enfants n’avaient jusqu’ici pas de programme de rééducation spécifique, adapté à leur âge.

Le dispositif peut être installé à domicile, puisqu’il ne nécessite qu’un ordinateur avec une connexion à Internet et un accès au cloud Azure, ainsi qu’un téléviseur relié à une caméra Kinect 3D. Basée sur la Thérapie par observation d’action (TOA), qui utilise les objets physiques et le mimétisme d’une action observée quotidiennement pour activer les neurones miroirs du patient, la séance consiste à regarder une vidéo puis à reproduire le mouvement observé, réalisé, clou du spectacle, par un magicien. L’enfant se voit lui-même sur l’écran, et peut recevoir des messages de stimulation : il est possible, par exemple, de pré-programmer le système pour qu’il félicite le petit joueur s’il réussit un mouvement du bras gauche, qu’on sait à rééduquer en priorité.

L’expérience se veut qui plus est sociale : à la fin de chaque séance, deux enfants gesticulant devant leur écran à distance peuvent être réunis virtuellement pour se motiver ensemble et mesurer leurs progrès. Un logiciel de reconnaissance d’émotion complète le dispositif : il permet de déterminer le niveau d’engagement du rééduqué et d’analyser l’efficacité du système. En bonus, un livre et des jouets permettent également au jeune patient de continuer à s’entraîner offline.

Tout cela fournit de surcroît de précieuses données au médecin qui supervise le protocole, permettant une plus grande personnalisation du programme. Encore en test mais bientôt commercialisé par une association italienne, FightTheStroke, qui suit l’expérimentation, le dispositif pourrait aussi être développé pour les adultes ayant des problèmes moteurs ou à destination… des entreprises de e-learning. Pourquoi, en effet, ne pas utiliser ses neurones miroirs pour apprendre, pourquoi pas, à faire du golf ?

L’article de ZDNet, c’est par là.