28 / 03 / 2017
#IEEE Spectrum

L’aimant à un seul atome, l’avenir du stockage de données ?

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S’il est encore trop tôt pour dire si elle révolutionnera le stockage informatique, une découverte électromagnétique vient ouvrir de nouvelles perspectives en la matière. Le rêve d’une solution efficace d’un point de vue énergétique est-il à portée d’aimant ? Explications.

L’aimant le plus petit du monde vient de naître : les équipes d’un centre de recherche informatique d’Almaden (Californie) et de l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) l’ont produit dans leur laboratoire. Mais ce n’est pas tout : ces chercheurs ont surtout montré qu’il était possible d’utiliser cet aimant, constitué d’un seul atome, pour stocker un bit d’information.

L’information, rapportée par l’IEEE Spectrum, le magazine de l’Institut des ingénieurs en électricité et électronique, peut laisser insensible le néophyte en sciences électromagnétiques, mais le travail de recherche, publié dans Nature, ouvre de nouvelles voies dans le stockage de datas : avec un bit par atome, on pourrait par exemple stocker 35 millions de chansons au format mp3 sur un support pas plus grand qu’une carte de crédit.

L’aimant-atome, dont la rémanence magnétique a été découverte en utilisant de nouvelles techniques, peut ainsi être utilisé comme un bon vieux disque dur, pour lire et écrire des informations. Dans le détail, c’est un microscope à effet tunnel, qui permet d’utiliser la propriété de résonance du spin de l’électron de l’atome, et de s’en servir comme un système de stockage et de lecture/écriture d’information.

Ces atomes, qui sont des atomes d’holmium (un métal du groupe des terres rares, connu notamment pour leurs propriétés électromagnétiques), sont-ils nos disques durs de demain ? Pas littéralement demain en tout cas : avant de penser à une éventuelle phase d’industrialisation, de nombreux problèmes d’ingénierie restent à solutionner, à commencer par le fait que pour ne pas bouger, lesdits atomes doivent pour l’heure être maintenus à 4 degrés Kelvin, soit… -269,15 °C.

L’article de l’IEEE Spectrum est à retrouver par là.