23 / 06 / 2017
#Wired

Mais au fait, y a-t-il encore un pilote dans l’avion ?

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L’annonce, par Boeing, que la technologie permettant de mettre en circulation des avions autonomes était « disponible » permet, par ricochet, de prendre la mesure de la part de l’automatisation déjà à l’œuvre dans le pilotage des avions. Wired fait le point.

Alors que s’ouvre fin juin le Salon international de l’aéronautique et de l’espace (SIAE) du Bourget (le Paris Air Show, pour les anglophones), la déclaration du vice-président de Boeing chargé du développement produit, Mike Sinnett, ne pouvait pas passer inaperçue : «Les composantes de base de la technologie [qui permettrait de faire voler en autonomie les avions]», a-t-il dit, «est clairement disponible».

Pourtant, cette annonce est moins iconoclaste qu’elle n’y paraît, analyse Wired dans un article sur le sujet : si elle marque la volonté du constructeur de faire un pas supplémentaire dans le retrait de l’homme de ses appareils en développant des programmes d’intelligence artificielle capables de prendre des décisions plus complexes qu’aujourd’hui, il ne faudrait pas en venir à oublier que, précisément, les pilotes ne sont (et depuis bien longtemps) plus les seuls maîtres à bord de nos avions.

Il y a par exemple des décennies que le pilote automatique, qui exécute des commandes fournies par le pilote, existe. Le système de gestion de vol, FMS (pour flight management system) dans le jargon professionnel, est un logiciel au cœur du pilotage moderne : assisté de capteurs, c’est lui qui « conduit » en optimisant en permanence la manière de suivre le plan de vol dessiné, à l’origine, par le pilote. Le pilote, justement, évite l’ennui en surveillant les conditions de vent et météorologiques, la consommation d’essence, et il reprend le contrôle de l’appareil en cas de turbulences, par exemple. Le décollage et l’atterrissage sont quant à eux plus ou moins automatisés en fonction des compagnies aériennes ou des types d’avion.

Ce qui n’est pas sans poser quelques problèmes : le crash du vol Air France 447 de 2009 est ainsi attribué au fait que le pilote n’ait pas su « bien » réagir à un système automatique auquel on a trop prêté confiance. Alors, en route, tout de même, vers le 100% autonome ? L’homme est encore meilleur que la machine pour des petites réparations mécaniques ou des incidents de sécurité ou médicaux, pointe Wired. Et les passagers, de toute façon, seraient-ils prêts dès aujourd’hui à grimper dans ce genre d’avions ? Rien n’est moins sûr…

L’article original de Wired est juste ici.