10 / 05 / 2017
#Quartz

Les « Chief Philosophy Officers » débarquent dans la Silicon Valley

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Certains cadres de la Silicon Valley se mettent très concrètement à rechercher les lumières de conseillers philosophes, qui « recadrent » le sens de leur activité. Petit précis de philosophie californienne, avec Quartz.

Questionner la notion de succès auprès des entrepreneurs de la Silicon Valley, une folie ? À en croire Quartz, il y en a, en tout cas, qui essaient. Le pure-player d’information fait en effet état d’une «petite bande» de philosophes pratiques qui entrent progressivement dans le monde des affaires, en particulier dans la Silicon Valley, où les cadres locaux les engagent comme des sortes de «Chief Philosophy Officers».

Leur audience est encore limitée (quoique «intensément loyale», note Quartz), mais ces philosophes peuvent par exemple monter des groupes de lecture autour du stoïcisme, courant cité comme étant très en vogue, ou bien définir chaque termes de questions plus précises, de l’universel «Comment vivre une vie bonne ?» au plus local «Que devrait construire ma start-up ?».

Ce mouvement s’opère dans lignée d’une aspiration latente pour une philosophie plus « utile », dans la lignée de l’appel, il y a déjà dix ans, de Paul Graham, ancien étudiant en philosophie et surtout co-fondateur du célèbre accélérateur californien Y Combinator. Aux côtés, note Quartz, du programme Symbolic Systems de l’Université de Stanford, créé en 1986 pour étudier les ressorts de la communication homme-machine, sans Platon ni Aristote, mais dans ce qui a été comparé à une «version XXIème siècle de l’éducation aux arts libéraux», et qui a vu passer nombre de figures siliconiennes, de Peter Thiel à Reid Hoffman.

Quartz s’amuse de l’utilitarisme qui peut sous-tendre une telle démarche (comme un cours de philosophie en PDF, intitulé «Si Aristote présidait General Motors : la nouvelle âme du business» et dont la lecture ne devrait pas excéder le temps d’un vol San Francisco – New-York), mais note qu’en articulant les paroles creuses fréquentes dans le monde des affaires pour les modeler en pensée critique, les conseillers philosophes de la Silicon Valley font office de salutaires «psychologues de la raison».

L’article de Quartz, c’est par ici.