03 / 05 / 2017
#Fast Company

« Quantified planet » : quand l’état du monde est surveillé en temps réel

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Et si les milliards de bits d’images collectés par les satellites depuis quatre décennies (ainsi que celles qu'ils continuent de prendre au quotidien) étaient analysés par une série d’algorithmes pour dresser un portrait de l’état du monde et même prédire, par exemple, quand interviendront les prochaines famines ? Un défi « total » et gigantesque que nous présente Fast Company.

« Le bon sens est la chose au monde la mieux partagée : car chacun pense en être bien pourvu», disait entre autres choses René Descartes. Avec un algorithme capable de déterminer le rendement des 3 millions de kilomètres carré américains de champs de maïs avec 99% de pertinence, le bon sens n’est plus le seul à compter lorsqu’il s’agit de se faire une idée du monde… Ce qui nous amène à nous demander : la Terre serait-elle finalement résumable à des bits d’information ? Lorsque l’information disponible remplit cinq pétaoctets de données (cinq millions de milliards d’octets), la question apparaît plus que légitime…

Ce nombre, nous apprend Fast Company, correspond à l’archive accessible à la start-up nord-américaine Descartes Labs, qui prétend l’utiliser pour évaluer l’état du monde et quantifier son évolution, passée et à venir : étendue de la déforestation, plantation de nouveaux champs, ouverture de parcs éoliens, prévision sur les besoins alimentaires, apparition des sécheresses, etc. L’archive disponible, qui correspond à des images satellitaires, issues de la NASA, de son équivalent public européen ou d’autres sociétés satellitaires privées, inclut des images datant d’à peu près quatre décennies et grandit, évidemment, à chaque instant.

«C’est simplement des données à propos du monde dans lequel on vit», dit prosaïquement Mark Johnson, qui dirige la start-up sortie du laboratoire national de Los Alamos. N’empêche, ses algorithmes entièrement automatisés analysent pixel par pixel un nombre considérable d’images, et sont capables de déterminer la santé d’un bétail donné, le nombre d’arbres d’une forêt qui ont été abattus depuis quarante ans ou encore la part d’une plantation de soja qui a déjà germé. De quoi piquer la curiosité de la DARPA, l’agence de recherche militaire américaine, qui a déjà investi un million et demi de dollars dans l’entreprise.

L’objectif poursuivi ? Parvenir à prédire, à partir des « patterns » identifiés, pénuries alimentaires et potentielles zones de conflits socio-politiques dans le Moyen-Orient et en Afrique du Nord. La société cherche en parallèle à démocratiser ce type de données, à destination des organisations humanitaires, des gouvernants, mais aussi de tout un chacun, via une plateforme en partie ouverte. Et ce n’est pas fini : Descartes Labs ambitionne aussi de collecter les données de tout ce qui peut ou pourra être connecté : tracteurs, voitures, bateaux, silos à grain, etc. Le monde entier en données, en somme.

L’article de Fast Company peut se lire par ici.