14 / 02 / 2017
#ZDNet

Santé connectée : la police a-t-elle le droit d’accéder aux données de nos wearables ?

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Le crime était presque parfait : un Américain a incendié sa maison pour frauder son assurance, mais les données collectées par les autorités sur son pacemaker connecté ont prouvé qu’il ne s’était pas hâté comme s’il s’était agi d’un incendie accidentel. Les leçons de l’enquête, tirées par ZDNet.

En septembre dernier, la maison de Ross Compton, dans l’Ohio, est partie en fumée. Mais avant de découvrir le pot-aux-roses, l’histoire, telle que rapportée par ZDNet commence par un soupçon : au 911, le numéro américain d’appel d’urgence, l’homme raconte qu’après le départ d’incendie, il s’est empressé d’empaqueter ses affaires dans plusieurs valises, qu’il a jetées par la fenêtre après avoir cassée celle-ci avec une canne. Un comportement suspect mais, après tout, voilà peut-être un homme simplement doté de sang-froid.

La police a toutefois fini par obtenir un mandat pour collecter les données enregistrées par le pacemaker du présumé pyromane casanier. En analysant l’évolution de son rythme cardiaque, elle en a conclu qu’il était impossible qu’il ait préparé ses valises à la hâte et que son histoire, finalement, ne collait pas avec la vérité mise au jour par l’exploitation des datas récoltées. Grâce à cette « boîte noire », Ross Compton est jugé coupable d’incendie volontaire, causant près de 400 000 dollars de dommages, et de fraude à l’assurance.

Selon les autorités locales, l’histoire de Compton constitue le premier cas d’un wearable de santé connectée utilisé pour incriminer juridiquement un citoyen américain. Un jugement qui ouvre un débat crucial, amené à prendre de l’importance avec la démocratisation à venir de l’Internet des objets et des wearables : qui détient les données de santé personnelles, et sous quelles conditions les autorités y peuvent-elles avoir accès ?

Le cinquième amendement de la Constitution des États-Unis, rédigé en une toute autre époque, affirme de plus que «nul ne pourra, dans une affaire criminelle, être obligé de témoigner contre lui-même». Mais lorsque les données parlent d’elles-mêmes, parlent-elles seulement en notre nom ?

Le compte-rendu de ZDNet, c’est à lire par ici.