26 / 06 / 2017
#MIT Technology Review

Une « signature quantique » pour sécuriser les cryptomonnaies de demain

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Une équipe du Russian Quantum Center de Moscou a développé un protocole blockchain s’appuyant sur une signature quantique : une réponse nouvelle à la problématique de vulnérabilité qui se posera demain autour des cryptomonnaies, lorsque les ordinateurs quantiques seront assez puissants pour les attaquer.

C’est un fait qui semble avéré : les cryptomonnaies joueront demain un rôle crucial dans le système financier mondial. Quelques nuages se dressent toutefois à l’horizon, à commencer par leur sécurisation lorsque la prochaine génération d’ordinateurs quantiques, dont le développement est encore embryonnaire, pourront utiliser leurs capacités de calcul sans comparaison actuelle pour les attaquer.

Les cryptomonnaies reposent aujourd’hui en grande partie sur les technologies blockchain, qui assurent traçabilité, honnêteté des échanges et confiance entre utilisateurs, mais qui pourraient se montrer vulnérables face à des attaques à la force encore inconnue aujourd’hui. Une blockchain dont la sécurité est garantie grâce à un système reposant sur la cryptographie quantique a toutefois été conçue et testée avec succès pour la première fois par une équipe moscovite. C’est ce que rapporte Emerging Technology from the arXiv, plateforme couvrant les technologies apparaissant sur arXiv, l’archive en ligne de prépublications d’articles scientifiques, dans un article pour la MIT Technology Review.

Un des moyens d’utiliser de manière malhonnête la blockchain est aujourd’hui l’attaque par force brute, qui consiste schématiquement à essayer, encore et encore, tout au long de la chaîne, à tester l’infaillibilité de chaque bloc qui la compose avant de parvenir à en modifier une donnée ou à en chiffrer une partie à son avantage. Un mode d’attaque impossible avec les capacités actuelles, mais que l’informatique quantique pourrait voir advenir : d’où l’importance de la découverte russe, qui conduit ni plus ni moins à repenser l’architecture de la blockchain.

Le dispositif utilise en effet une signature quantique : chaque utilisateur peut vérifier l’identité d’un autre par une technique dite de distribution quantique de clés, qui repose sur des particules quantiques, des photons par exemple, qui ne peuvent être copiés par un tiers indiscret sans qu’elles soient détruites. Cette signature quantique s’attacherait à chaque transaction du processus, le rendant finalement, de pair à pair, infalsifiable. La démonstration de faisabilité du laboratoire russe, toutefois, n’est pas parfaite : pour être utilisée à grande échelle, elle repose, sur un encore hypothétique Internet quantique mondial…

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