20 / 06 / 2018
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Tech for Good : ce qu’il fallait retenir de l’édition 2018 de Viva Tech

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Tech for Good : ce qu’il fallait retenir de l’édition 2018 de Viva Tech
Rendez-vous incontournable des grands acteurs du numérique, l’édition 2018 de Viva Tech s’est tenue du 24 au 26 mai au Salon de la porte de Versailles à Paris. Et cette année, la « Tech for Good » avait la part belle. Zoom sur ces innovateurs qui veulent améliorer le monde.

Des robots, des voitures volantes et des superstars de la tech… Bienvenue au salon Viva Tech 2018. Pour cette troisième édition, pas moins de 100 000 visiteurs, 8000 start-ups et 2000 investisseurs étaient présents pour parler nouvelles technologies et découvrir des innovations à couper le souffle. Mais LA grande thématique qui a transcendé le salon cette année était sans conteste la «Tech for good».
En effet, alors que des technologies comme l’intelligence artificielle, l’internet des objets ou le Big Data arrivent aujourd’hui à maturité, de très nombreux acteurs tentent de mettre à profit ces nouveaux outils pour rendre notre monde meilleur, qu’il s’agisse d’environnement, de climat, de santé, d’éducation ou de lutte contre la pauvreté.

Un Positive Impact Summit

Un cycle de conférences était même dédié à cette thématique, l’Impact Summit.
Objectif : permettre à des start-upers, des décideurs et des experts en tout genre d’échanger autour des enjeux et des innovations les plus prometteuses de la Tech for Good.

«L’Intelligence artificielle a, par exemple, permis d’accélérer la détection d’une épidémie de plusieurs mois à 12 jours», a affirmé Jennifer Marsma, Principal Engineer Software de Microsoft. Parmi les très nombreux intervenants présents, Jennifer Marsma a illustré avec des cas très concrets de quelle manière des innovations comme l’AI contribuant à résoudre les grandes problématiques mondiales.

L'IA pourrait aider les agriculteurs à prévoir le meilleur rendement tout en respectant l'environnement

Et de citer l’action d’un outil développé par Microsoft pour anticiper les maladies infectieuses. Les signes avant-coureurs laissent souvent des traces numériques, explique-t-elle, traces qui peuvent être des recherches Google, des discussions sur les réseaux sociaux ou même des mouvements de population observés à l’aide des bornes des téléphones portables : «l’intelligence artificielle a accéléré la détection d’une épidémie de plusieurs mois à 12 jours» s’est-elle ainsi réjoui. Elle a également mis en avant le projet de Microsoft baptisé « AI for earth», un programme créé pour encourager et soutenir les projets d’intelligence artificielle autour de sujets environnementaux tels que l’agriculture, la gestion de l’eau, la biodiversité ou le climat.

Parmi les initiatives soutenues par ce programme, notons le cas de FarmBeats, qui indique aux agriculteurs quand planter pour maximiser leur rendement tout en respectant l’environnement, ou encore «Land Cover Mapping» une plateforme de cartographie conçue pour visualiser au plus près et protéger les écosystèmes qui recouvrent la surface de la Terre.

“Hacking the Food Industry”

Dans un tout autre registre, deux startuppeuses allemandes étaient venues présenter leurs projets pour une consommation alimentaire plus responsable. Nicole Klaski, tout d’abord, fondatrice de The Good Food, a créé à Cologne un supermarché qui ne vend que des produits « à jeter », pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Osnat Michaeli a, quant à elle, cofondé Infarm. Là encore il s’agit d’un supermarché d’un genre particulier puisque les consommateurs ont la possibilité de se servir en fruits et légumes sur des serres verticales installées à l’intérieur du magasin. Objectif annoncé par l’entrepreneuse : «court-circuiter les chaines de production et rendre les villes autosuffisantes sur le plan alimentaire».

Satya Nadella, CEO de Microsoft © Presse / Viva Technology

Innover contre les inégalités

C’était l’une des grandes questions abordées lors de l’Impact Summit : comment innover au service de l’égalité et non au détriment de celle-ci ? Leila Janah, figure emblématique de l’entreprenariat social était venue pour parler de Samasource. L’idée de cette start-up, qui marie le digital et le caritatif, est de sortir des personnes de la grande pauvreté en les formant, et en les employant sur des tâches digitales simples comme le traitement manuel de données. «L’innovation doit permettre à tous, d’accéder aux nouvelles technologies, et de participer à l’économie globale», a martelé la jeune entrepreneuse.
Concernant les dangers d’une innovation génératrice de discriminations cette fois, c’est la chercheuse française Aurélie Jean qui a pris la parole pour alerter sur les interprétations parfois biaisées des algorithmes. Elle a pour cela donné l’exemple d’une chercheuse du Medialab sur qui la reconnaissance visuelle ne fonctionnait pas… Car elle était noire : «Ce n’est pas la faute de la technologie, c’est la nôtre. L’intelligence artificielle utilise à la base des critères définis par des scientifiques. Nous devons mieux penser les outils en y ajoutant de la diversité en termes de culture, d’origine social et d’âge.»

« Je suis optimiste par rapport au futurmais bien sûr, ces grandes opportunités viennent avec de grandes responsabilités »

Une innovation technologique qui ne peut donc être positive qu’à condition que ceux qui l’initient prennent pleinement la mesure de ses enjeux. «Je suis optimiste par rapport au futur – déclarait Satya Nadella, le CEO de Microsoft à l’occasion de l’ouverture du salon, avant de conclure – mais bien sûr, ces grandes opportunités viennent avec de grandes responsabilités».

 

Image à la Une : © Viva Technology