10 / 07 / 2017
#The Conversation

Des technologies capables de lire dans vos pensées à votre insu

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Ingénieurs et éthiciens travaillent de concert pour développer des technologies capables de prendre partiellement le contrôle du cerveau humain, preuve que ce sujet de recherche n’est plus méprisé ni relégué au rang de simple fantasme de science-fiction. Explications avec The Conversation.

Les ingénieurs du Center for Sensorimotor Neural Engineering (CSNE) de l’Université de Washington, mettent un point d’honneur à effectuer leurs recherches dans le domaine des BCI (brain-computer interface) en compagnie d’éthiciens spécialistes des questions de neuro-éthique et sécurité neurale.

Toute BCI repose sur le principe de collecter des informations depuis le cerveau-même. Les stimuli étant légions, divers points d’entrées sont envisageables. Cependant, un en particulier a retenu l’attention des chercheurs de l’Université de Washington : le signal P300. Véritable clef de voûte des recherches au CSNE, le P300 est un pic d’électricité positif apparaissant à l’arrière du cerveau à peu près 300 millisecondes après la manifestation du stimulus lui correspondant. Il est porteur d’un message inconscient vous alertant quand quelque chose d’important mérite votre attention : un visage connu dans une foule, un objet perdu retrouvé dans un endroit improbable, etc.

Si le recours au P300 pourrait, un jour, permettre de retrouver le coupable de tel ou tel crime, il serait également possible de l’utiliser pour subtiliser virtuellement, et à votre insu, n’importe quelle information privée. Et si les marques s’en servaient pour vous adresser des publicités adaptées à vos goûts ? Et s’il était possible de déchiffrer ce que vous pensez sans même que vous vous en rendiez compte ? Vous sentiriez-vous abusé ? Ressentiriez-vous une perte de contrôle ? Grâce aux éthiciens, ces questions, au lieu d’être écartées et remises à plus tard, sont étudiées à chaque étape du développement des technologies.

Rassurant ? Un minimum. Mais le chemin à parcourir est encore long avant que les BCI sur lesquelles le CSNE travaille n’inondent le marché.

L’article de The Conversation à retrouver ici