24 / 01 / 2017
#Harvard Business Review

Wall Street ne sera pas épargné par l’automatisation

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Le monde de la finance craint de connaître le même destin que l’industrie manufacturière : celui d’une profession robotisée, automatisée et finalement décimée. Wall Street, future Rust Belt ? C’est la question que pose la Harvard Business Review. Décryptage.

En 2000, 5 500 agents de change arpentaient le parquet de la Bourse de New York. On en compte aujourd’hui moins de 400. Ce chiffre, relayé par la Harvard Business Review, est en partie symbolique : il annonce l’ère du trading algorithmique et la fin d’un métier archétypique, celui du «floor trader», qui gesticule, crie et parle en signes pour négocier plus rapidement.

Un imaginaire se substitue à un autre, et le secteur dans son ensemble craint pour son automatisation. 10 000 postes d’opérateurs ont été supprimés dans les dix principales banques mondiales depuis 2010 et, dans les discussions entre professionnels, on entend que «Wall Street pourrait devenir “la nouvelle Rust Belt», cette région autour de Chicago, Cleveland et Detroit, connue pour son lourd déclin industriel et symbolique d’un certain vote Donald Trump lors de la dernière présidentielle américaine.

Tout comme la robotique a fait fondre l’emploi industriel, l’automatisation a déjà commencé à ponctionner les emplois du monde de la finance, et les nouvelles technologies cognitives pourraient accélérer le processus. Même le secteur, pourtant florissant, de la compliance, rassemblant tâches de mise en conformité et règlementation, est attaqué par plusieurs sociétés spécialisées dans le calcul computationnel. Les market strategists, dont les conseils reposent en large partie sur l’analyse de données, sont concurrencés par des start-up de la FinTech proposant là aussi l’automatisation. Un terme – « robots-conseillers » – est même déjà trouvé pour annoncer le remplacement des conseillers en investissement, au métier pourtant complexe.

Une perspective néanmoins à nuancer : ce sont plus souvent des tâches que des emplois entiers qui sont automatisées, et de nombreux emplois, aux côtés des machines – surveillance, maintenance, amélioration de leur performance – seront aussi créés…

L’article de la Harvard Business Review, c’est par ici.