02 / 05 / 2017
#Rencontre

Code : comment attirer les plus jeunes ? Des étudiants de la Web@cademie nous répondent

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D’ici 2022, c’est 191.000 postes qui seront à pourvoir dans le secteur du numérique selon une estimation du ministère du Travail. Parmi eux, les profils les plus recherchés seront ceux des codeurs. Mais qui sont ceux qui apprennent aujourd’hui le code ? RSLN est allé échanger avec trois étudiants de la Web@cadémie pour comprendre leurs parcours, recueillir leurs témoignages, leurs idées et leurs envies.

Pourquoi se former au code ? Au-delà des compétences techniques, que peut apporter une telle formation ? Comment intéresser les plus jeunes à ce domaine, pourvoyeur de nombreux emplois ? Ces questions, nous les avons posées à Thara, Pierre et Clément. Ils ont entre 18 ans et 25 ans et étudient à la Web@cadémie, une formation aux métiers du code pour les décrocheurs.

Pourquoi vous intéressez-vous au code ?

Clément, 25 ans : « Cela fait un bout de temps que je suis sorti du milieu scolaire. J’ai fait de la musique pendant 4 ans et puis j’ai eu une idée de projet : créer un instrument de musique exploitable sur Internet. Mais pour le réaliser, il fallait que j’aie les bons outils en main. Cet objectif, c’est ce qui guide mon envie de faire du code, mais je suis aussi curieux, de manière générale, de tout ce qui est créatif, et le code m’intriguait beaucoup. »

Que vous apporte l’apprentissage du code ?

Pierre, 18 ans : « Ce que j’aime dans l’apprentissage du code, surtout à la Web@cadémie, c’est ce côté autodidacte, d’aller chercher soi-même les réponses… tout en s’appuyant sur une communauté qui donne des pistes de recherche. »

Que faudrait-il faire pour attirer plus de jeunes vers le code ?

Clément : « Il faudrait d’abord démythifier le code, expliquer que ce n’est pas si difficile que ça. Moi, par exemple, je n’en avais jamais fait avant d’entrer à la Web@cadémie. Mais aujourd’hui, j’y arrive bien ! Je pense sincèrement que tout le monde peut apprendre, contrairement à ce que disent les développeurs senior qui veulent se “faire mousser”. »

Pierre : « Avant cette formation, j’étais certain qu’il fallait couramment parler anglais pour coder ! Si j’avais su qu’il ne fallait que des notions, ça m’aurait peut-être plus attiré, ou en tout cas plus tôt. »

Thara : « Quand on est une femme, on pense souvent que le milieu du code est un milieu très masculin, macho même, et que l’on n’y a pas notre place. C’est dommage, car il y a beaucoup de possibilité pour les femmes. »

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L’école a-t-elle un rôle à jouer ?

Clément : « Pour moi, on pourrait enseigner le code, ou au moins certains fondements logiques… dès le CP ! C’est un apprentissage qui développe aussi des qualités comme l’autonomie et la persévérance : chacun est obligé de s’impliquer réellement, sous peine de faire du surplace.

Pierre : « Je trouve aussi que l’on aborde l’informatique et le code bien trop tard à l’école. On n’entend pas parler d’informatique avant la 6ème ! Et quand c’est le cas, c’est de façon assez rébarbative. En plus, les ateliers comme ceux proposés pendant Hour of Code sont encore assez peu répandus, et pas spécialement adaptés à tous les âges.

Le code est une matière qui manque clairement dans l’enseignement général : on n’en fait pas avant la terminale, et encore, c’est une option avec un nombre de places limité. On pourrait aussi faire de la sensibilisation plus tôt, sans spécialement apprendre à coder dès 5 ans.

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Plus largement, je pense que pour certaines matières, il serait aussi intéressant de mettre en place des méthodes d’apprentissage comme celles que l’on a à la Web@cadémie : plutôt qu’un enseignant qui donne son cours et que l’on se contente d’écouter en prenant des notes, pourquoi ne pas avoir un encadrant qui oriente vers des pistes pour apprendre par soi-même ? Cela serait plus formateur. »

Thara : « Sur l’apprentissage : on apprend bien l’espagnol et l’anglais en cours. Pourquoi n’aurait-on pas de cours de PHP ou de Java ? Il est aussi toujours trop complexe d’avoir accès aux informations sur les possibilités de formation au code, et sur le fait que ce n’est pas si compliqué que ça de s’y mettre. »