12 / 01 / 2017
#Compte-Rendu

EdTech : le numérique au service de la collaboration des enseignants

  • Linkedin
EdTech : le numérique au service de la collaboration des enseignants
Comment le numérique aide-t-il les enseignants à (mieux) collaborer voire, plus simplement, à échanger entre eux ? Quelles sont les initiatives mises en place ? A l’occasion du salon de l’éducation Educatec – Educatice, gros plan sur les projets Viaéduc et Pepsteam.

Collaborer dans l’enseignement grâce au numérique. C’est l’idée étayée par les expériences de Florian Colombat, professeur d’EPS, créateur de Pepsteam, ainsi que François Catala, responsable de Viaéduc, à l’occasion d’une table ronde organisée au salon de l’éducation Educatec – Educatice. Deux initiatives qui permettent de découvrir les enjeux et les bénéfices de ces nouvelles pratiques transversales.

«Echanger à grande échelle plutôt que dans un cadre restreint» : c’est à partir de cette volonté qu’est née, en 2004, l’aventure de la plateforme Pepsteam, un site destiné aux professionnels du secteur de l’EPS :

«Collaborer est culturel chez les professeurs d’EPS. Nous sommes les rares enseignants à partager nos salles de classe ou encore à avoir des évaluations communes», souligne Florian Colombat.

Améliorer les ressources pédagogiques

Douze ans après son lancement, c’est une véritable communauté d’apprentissage regroupant plus de 21.000 membres, comprenant des professeurs d’EPS, des étudiants en STAPS et des chercheurs. «Le site a pour but de partager des documents, d’en construire ensemble et de pouvoir confronter des idées et des points de vue sur notre discipline», poursuit le créateur de Pepsteam.

Le résultat ? 7GO de documents partagés regroupant des leçons ou encore des évaluations d’apprentissage. Au global, le site enregistre jusqu’à un million de connexions par mois. Les professeurs en poste hors de la métropole ou encore dans des lycées français à l’étranger peuvent également participer et échanger avec leurs pairs au sujet de leurs programmes.

«Ce qui est intéressant, c’est qu’en regardant le fil des discussions, on se rend compte que ce partage d’expériences entraîne une émulation entre collègues. Au final, on obtient des documents plus aboutis. Et ce sont les élèves qui en sont bénéficiaires !», relève Florian Colombat.

Une formation renforcée des jeunes enseignants

Quid des enseignants ? Pour François Catala, directeur de Viaéduc, une plateforme fermée pour les professionnels de l’enseignement apporte de la transversalité entre le premier et le second degré, les différentes disciplines ou encore entre les académies. Son site, lancé il y a 18 mois avec l’appui du réseau Canopé ou encore du Cned, compte déjà plus de 46.000 inscrits. L’objectif : promouvoir une nouvelle culture professionnelle verticale et collaborative à travers les usages.

«Avant de lancer ce projet, on a mené des études établissant que la collaboration est un vecteur de satisfaction à la fois personnelle et professionnelle pour les enseignants. Le fait d’avoir un retour entre collègues sur leurs pratiques est, en effet, une source de motivation supplémentaire», analyse François Catala.

La transversalité de ces projets fonctionne aussi auprès des (futures) nouvelles recrues. L’équipe de Pepsteam a ainsi créé, dès 2006, la Pepsacademy. «En vue de l’obtention du CAPEPS, on a décidé au sein du forum de faire passer des « oraux blancs », via Skype ou un autre outil de visio-conférence, dans les conditions réelles du concours, c’est à dire face à un professeur, avec un sujet imposé et un temps de préparation donné», précise Florian Colombat.

Près de 300 étudiants en ont déjà profité. Et dès la première édition, le taux de réussite a atteint les 50%, là où le taux national oscille de 10 à 25% selon l’équipe du site.

«Cet apprentissage par les pairs a été très apprécié par les étudiants, car ils peuvent trouver un formateur à n’importe quelle heure du jour, de la nuit, y compris pendant les vacances ou les jours fériés», ajoute le fondateur de Pepsteam.

Cette initiative sert aussi aux étudiants inscrits en candidat libre. Et l’échange, lui, peut se poursuivre même après le concours, comme l’explique Florian Colombat :

«Par exemple, un stagiaire arrivant dans un établissement avec un profil de footballeur, et qui doit enseigner la danse, peut s’interroger sur la mise en place de son cours. Son premier réflexe consiste à chercher sur Internet des cycles de danse. En s’inscrivant sur Pepsteam, il peut poser des questions, avoir accès à des conseils ou des documents l’aidant dans sa recherche. »

Des relations collaboratives entre les générations qui tendent également à se développer dans toutes les disciplines :

«On a observé des discussions entre les enseignants formateurs et les stagiaires sur notre réseau social. Ils échangent avant les cours pour parler des leçons à venir, et après pour évoquer les mises en place des pratiques enseignées», relève François Catala de Viaéduc.

Selon lui, Viaéduc sert aussi de «sas d’apprentissage vers le numérique» pour les professeurs qui ne sont pas encore connectés ou qui n’ont pas encore de compte sur des réseaux sociaux grand public. Le site vise, d’ailleurs à regrouper 150.000 à 200.000 professeurs en France à moyen terme. Soit près de 25% de la population enseignante en France.