02 / 03 / 2017
#Rencontre

Jeunesse numérique : « La formation au code de la Web@cadémie, ça a été un peu ma deuxième chance »

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Jeunesse numérique : « La formation au code de la Web@cadémie, ça a été un peu ma deuxième chance »
Alors que le numérique est le parent pauvre du débat présidentiel et que l’emploi est au cœur de toutes les questions, RSLN est allé échanger avec des jeunes, qu'ils soient start-uppers, indépendants, employés ou encore étudiants pour recueillir leurs témoignages mais aussi leurs idées. Aujourd’hui, rencontre avec Alexandre Frih. A 26 ans, il pilote des projets faisant appel aux objets connectés pour l’entreprise Louis Vuitton.

Alexandre Frih travaille dans le domaine de l’Internet des Objets. Depuis un an, il est chef de projet IoT, en charge de la partie software, au sein de l’entreprise Louis Vuitton. L’occasion pour lui de multiplier les voyages et les collaborations à l’étranger, en particulier en Chine. La clé de sa réussite ? «Une deuxième chance» : le jeune homme, en échec scolaire après avoir raté son baccalauréat, a en effet réussi à intégrer la Web@cadémie, une formation en deux ans consacrée aux décrocheurs pour les former au code informatique.

Comment avez-vous découvert l’informatique ?

Alexandre Frih: Je me souviens qu’à l’âge de 10 ans, j’allais déjà tchater sur l’ordinateur de mon père ! Je crois que ma découverte de l’informatique vient de ces années-là.

A l’époque, des internautes arrivaient à écrire en couleur alors j’ai commencé à coder des programmes pour faire comme eux. Plus tard, au collège, j’ai développé plusieurs projets de sites Internet comme des e-shop vendant des t-shirts ou un serveur hébergeant des sites de société. Déjà, c’était assez clair pour moi : je voulais travailler dans l’informatique, en faire mon métier.

Pourquoi avoir choisi la Web@cadémie comme école pour devenir développeur ?

J’ai raté mon baccalauréat. En 2013, ma mère m’a parlé de la Web@cadémie après avoir vu un reportage à la télévision. En 2014, j’ai pris la décision de m’inscrire : je travaillais dans le secteur immobilier avec mon père et j’avais développé un calculateur viager pour évaluer notamment les rentes, mais sans réussir à le versionner pour rendre mon travail propre et professionnel. Et donc le vendre. Il me manquait de la méthode. Je me suis dit qu’une formation comme celle-ci pouvait me l’apporter.

Alexandre Frih et ses camarades de la Web@cadémie du Hackathon Louis Vuitton Supply Chain DR

Cela a été le cas ?

Oui, et même plus que ça : la Web@cadémie, ça a un peu été une deuxième chance ! Après avoir raté mon baccalauréat, je me suis dit que ma vie était finie. Sans diplôme, j’avais peur de ne pas pouvoir travailler et de me retrouver à terme sans argent, voire à la rue. Maintenant, je ne me pose plus ces questions : je fais exactement le métier dont je rêvais plus jeune.

Avec le recul, je dirais que la Web@cadémie m’a avant tout permis de développer mes compétences, en cours bien sûr, mais surtout à travers mes stages en alternance, que ce soit chez Microsoft (au sein de la division Developer eXperience) ou chez Infinite Square. J’ai également appris à gérer des projets en groupe : le numérique est un univers où si on n’est pas capable de collaborer, ça ne peut pas marcher. Le truc, c’est que travailler en collaboratif, ce n’est pas forcément inné : ça s’apprend.

Ces expériences ont aussi nourri mon réseau : c’est grâce à un hackathon organisé par Microsoft que j’ai rencontré la responsable numérique de Louis Vuitton, où je travaille aujourd’hui. J’ai aussi eu l’opportunité de rencontrer de nombreuses personnes lors de mon voyage en Chine avec Huawei et la Web@cadémie, ou lors d’événements organisés par l’école avec des entreprises et des recruteurs.

Si vous rencontrez une personnalité politique et que vous avez l’occasion de lui soumettre quelques idées sur les sujets de la jeunesse et du numérique, que lui diriez-vous ?

Je pense qu’il faut d’abord intégrer l’informatique aux programmes scolaires, notamment le code, dès le plus jeune âge. Il faut aussi initier les jeunes aux autres domaines du numérique – comme le motion design par exemple.

Au-delà des compétences techniques, je trouve que l’on est dans un monde drivé par l’innovation numérique. Il est important de pouvoir donner à tout le monde la capacité d’innover. Si une personne a perdu son métier ou a envie d’en changer, il faudrait qu’elle puisse le faire simplement.

Je ne compte plus les personnes voulant créer une application autour de moi. Mais presque toutes sont perdues par le manque de ressources pour y arriver. Quand je travaillais seul, avant la Web@cadémie, je suis allé dans les chambres de commerce mais les informations que j’ai pu y trouver étaient floues. Il faudrait créer des lieux où les entrepreneurs pourraient se retrouver, échanger et discuter avec des conseillers spécialisés, véritablement au fait du numérique. Avoir des informations claires aidera les jeunes à entreprendre.